Le futur RER transfrontalier à l’honneur

L’Europe rend hommage au CEVA
Consécration pour les infatigables défenseurs de la liaison ferroviaire CEVA, plébiscitée par le peuple genevois en novembre dernier: le Prix européen Intermodes 2010, récompensant une initiative intermodale transfrontalière exemplaire, a été décernée au CEVA, épine dorsale du futur Réseau express régional (RER) transfrontalier.

C’est à Bruxelles que s’est tenu la semaine dernière le Congrès Intermodes, congrès international dédié à l’intermodalité du transport de voyageurs. Ce rendez-vous annuel, à vocation européenne, qui rassemble élus et professionnels du transport de personnes, acteurs des télécommunications, de la finance et de l’énergie des 27 Etats membres de l’Union européenne, met en exergue les avancées intermodales qui seront proposés dans les années à venir pour parfaire les déplacements quotidiens et occasionnels des 493 millions d’Européens et permettre de construire l’Europe de la mobilité.
Après une première journée de conférence et de débats sur l’intermodalité transfrontalière, concept qui implique la connexion de plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement, le Prix Intermodes 2010, récompensant une initiative intermodale transfrontalière exemplaire, a été décerné au projet CEVA et à son RER transfrontalier.
Pourquoi une telle distinction pour ce projet franco-valdo-genevois? Selon Nathalie Leclerc, co-directrice du Congrès Intermodes, ce Trophée récompense trois volets: l’ampleur de ce projet d’avenir, son caractère transfrontalier et l’excellente collaboration des nombreux partenaires impliqués.
En effet, le projet de RER transfrontalier pour le Bassin franco-valdo-genevois, c’est la promesse de 230 km de lignes et plus de 40 gares desservies à l’horizon 2016, grâce la construction de la nouvelle liaison ferroviaire Genève Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA). D’une longueur de 16 kilomètres environ, la nouvelle ligne ferroviaire CEVA reliera le centre de Genève à Annemasse, grâce à 5 nouvelles gares urbaines, et permettra de connecter les réseaux ferroviaires suisses et français. Annecy, la vallée de l’Arve, le Chablais et l’Ain seront ainsi reliés de façon optimale à Genève et à l’Arc lémanique suisse, avec des liaisons traversantes directes sans changement train à la frontière, une forte amélioration des dessertes et de la fréquence et, au centre de l’agglomération, 6 trains par heure de 5h à 1h du matin, 7 jours sur 7.
Véritable colonne vertébrale pour les réseaux de transports collectifs, le futur RER offrira une alternative à la mobilité individuelle et permettra de résoudre une grande partie des problèmes actuels de trafic et de saturation routière. Aujourd’hui, les frontières genevoises comptabilisent d’ores et déjà plus de 500 000 passages journaliers.
Le développement de l’offre transfrontalière en matière de transports publics est donc une nécessité et requiert une collaboration franco-suisse intensive et nouvelle. Les autorités politiques de la Région Rhône-Alpes, des cantons de Vaud et de Genève l’ont bien compris en signant début 2008 avec les gestionnaires et exploitants ferroviaires CFF, SNCF et RFF un protocole d’accord de coopération sur le futur RER franco-valdo-genevois.

Transferis à la fête
C’est cette collaboration exemplaire que Transferis, la joint-venture des CFF et de la SNCF, a présentée lors des différentes tables rondes, en faisant le point sur les actions des autorités organisatrices, des collectivités régionales et locales, et sur les outils à mettre en œuvre pour une intermodalité réussie. Emmanuelle de Beaufort et David Favre, qu’on a vus sur tous les fronts lors de la véritable bataille du rail que fut la campagne pour le CEVA, ainsi que la société Transferis – qu’un journaliste de la «Tribune», opposant au CEVA, traitait de «micro-structure» - reçoivent aussi la juste reconnaissance de leurs efforts. On peut être très nombreux à faire du mauvais travail, et une équipe restreinte accomplir de grandes tâches…
Les représentants des autorités organisatrices de transport, de la SNCF, des CFF et de Transferis ont fait le voyage pour recevoir ce Prix 2010. Ils se sont félicités de cette reconnaissance internationale attribuée à CEVA et son RER, véritable atout d’avenir pour la mobilité dans l’agglomération franco-valdo-genevoise. Pour Christophe Genoud, Secrétaire général adjoint à la mobilité du Canton de Genève, cette distinction prouve que «les différences administratives et institutionnelles ne sont pas insurmontables lorsqu’il existe une volonté politique forte, et n’empêchent pas la mise en œuvre de projets cohérents, ambitieux et complexes. Le CEVA en est une illustration. Sans volonté politique, ce projet aurait été stoppé net dès la première difficulté». La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, et pourtant, Genève construit avec son voisin français un cadre institutionnel innovant, via notamment le GLCT (Groupement local de coopération transfrontalière) et autour du Projet d’agglomération qui renforce cette collaboration.
«Assurer une meilleure attractivité à la métropole transfrontalière genevoise et à son bassin en forte croissance, et améliorer la qualité de vie de ses habitants», tels sont les objectifs que se sont fixés les constructeurs et promoteurs de ce projet récompensé pour son ambition et sa complexité. Il reste maintenant à souhaiter que les travaux commencent pour que tous les habitants de la région disposent dès 2016 d’un véritable réseau de transport collectif transfrontalier!

François Berset



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