Fête du Nouvel-An en Ville de Genève Sandrine Salerno: «Autant bien dépenser»?

«Autant bien dépenser l’argent du contribuable», tel est le titre de l’interview publiée mercredi dernier par l’hebdomadaire «GHI». Sandrine Salerno y explique posément que le Conseil municipal ayant décidé en mars dernier de réactiver cette fête, elle n’a pas eu le temps de lancer un appel d’offres. Entre le mois de mars et celui de décembre, donc en neuf mois, les «personnes que nous connaissons bien», comme le dit Sandrine Salerno, autrement dit les organisateurs largement subventionnés et bien connus des services de la Ville, auront conçu un concept «en un temps record». Ces fameux services de la Ville ? donc des fonctionnaires municipaux – devront néanmoins assumer «en interne» l’essentiel du travail. De quoi se demander pourquoi les organisateurs mandatés ? affiliés à Vernier-sur-Rock, selon nos sources, puisque notre confrère n’a pas souhaité les nommer ? toucheront une subvention plus élevée que l’organisateur privé précédent, Frédéric Hohl, écarté cette fois-ci. Aucune arrière-pensée? «Nous avons reçu cinq dossiers, dont deux étaient liés à M. Hohl, explique Sandrine Salerno. Mais une fois encore, au vu des délais, il fallait privilégier des solutions à l’interne de la Ville de Genève et avoir recours ponctuellement à un organisateur déjà bien connu. Je vous rappelle en outre que les deux dernières éditions de la fête du 31 décembre organisées par M. Hohl se sont soldées par un déficit de 120 000 francs». La maire socialiste de Genève explique donc que lorsqu’on est pressé (neuf mois seulement pour organiser une soirée!), mieux vaut ne pas faire appel à un organisateur qui en a déjà organisé six, et avec succès. En outre, l’homme qui a remonté les Fêtes de Genève ne serait-il pas «bien connu» par Sandrine Salerno? On ne saurait prêter à la magistrate la moindre arrière-pensée politique, Frédéric Hohl étant député radical. Curieusement, plusieurs artistes sélectionnés à l’époque par Hohl et ses associés figurent au programme de l’édition 2010. En neuf mois, il est dur de ne trouver que des idées originales? En revanche, ledit Frédéric Hohl est estomaqué: «Les événements du 31 décembre ont fait du bénéfice! Les 120 000 francs ne sont pas un déficit, mais correspondent à la subvention. Celle-là même que Mme Salerno fait passer à 175 000 francs cette année, tandis qu’une large partie du travail sera assumée par des fonctionnaires déjà payés par les contribuables». Thierry Oppikofer