Le Crédit Agricole innove sur le marché suisse

«J’aimerais éviter tout amalgame entre notre offre hypothécaire aux critères prudentiels stricts et rigoureux et les subprimes américains. Nous n’avons rien à voir avec ces pratiques douteuses», souligne Serge Gaona, directeur général de Crédit Agricole Financements (Suisse) SA. Il offre à sa clientèle une formule particulièrement attrayante pour un particulier souhaitant acquérir son logement: ne débourser que 10% de fonds propres. Mais attention, les critères sont sévères! Conscient du contexte immobilier tendu que connaît l’Arc lémanique, Serge Gaona ne cède pas à l’alarmisme: «Nous ne sommes pas dans une situation de bulle». Néanmoins, la banque reste prudente et elle se protège soigneusement contre les mauvais débiteurs. Elle réalise une étude des capacités financières de chaque client avant d’accorder le crédit hypothécaire baptisé «CA 10%». L’établissement leader en France, installé à Genève depuis 1992, s’est déjà forgé une réputation sur le marché immobilier suisse. Désormais bien implantée dans toute la zone frontalière du côté français ainsi que dans 14 cantons suisses, la banque a pris le parti de favoriser les jeunes professionnels ou les ménages désireux de préserver leur capital retraite et leur épargne. En se basant sur les études d’UBS et de Wüest & Partner concernant le marché immobilier helvétique, les dirigeants du Crédit Agricole ont constaté que l’accès à la propriété restait nettement plus difficile chez nous qu’en France. Dans notre pays, seuls 37% de la population accèdent à la propriété de leur logement contre 65% dans la Zone euro. En outre, les prix de l’immobilier, surtout dans les villes, connaissent une hausse marquée obligeant souvent des acquéreurs potentiels à renoncer à l’accès à leur rêve, faute de fonds propres suffisants. La caution d’un tiers Pour permettre à un particulier de construire ou d’acquérir son bien immobilier avec un minimum de 10%, la banque fait appel à la caution développée par Crédit Logement. Cette caution bancaire garantit la part de financement non couverte par la garantie hypothécaire, à savoir entre 10% et 25% de la valeur d’expertise du bien. L’acquéreur emprunte donc à 90%, ce qui occasionne logiquement des charges plus élevées que s’il avait souscrit à une offre disposant de 20% de fonds propres et 80% de financement hypothécaire. Toutefois, la hausse des charges mensuelles est relativement modérée. Depuis 35 ans, Crédit Logement a garanti le prêt immobilier de plus de 5 millions d’emprunteurs. Cet organisme a été noté AA par Standard & Poors. En outre, en n’engageant que 10% de la valeur du bien, le client préserve son 2e pilier, déduit fiscalement un montant plus important d’intérêts et donc bénéficie d’une économie d’impôts plus substantielle. La caution bancaire de Crédit Logement, dont le coût s’élève à 3,3% de la part garantie de financement, est intéressante grâce à la restitution d’une partie des sommes versées, à la fin du prêt. L’offre CA 10% remporte un certain succès en Suisse romande; elle était en hausse de 25% en 2010 et de 39% en 2011. «Abaisser notre exigence de fonds propres ne signifie pas abaisser nos exigences prudentielles, bien au contraire. En effet, cette offre ne favorise pas le surendettement des futurs acquéreurs, vu qu’elle reste fidèle au ratio d’endettement maximum de 33% du revenu brut du ménage», précise Serge Gaona. Pour plus de garanties et afin de maîtriser les risques, la banque effectue une expertise systématique des biens immobiliers «sur place et non pas sur dossier», afin que les clients n’achètent pas un logement surévalué. Pas d’imprudence Chaque dossier fait l’objet d’une analyse stricte pour tester la solvabilité de l’emprunteur et sa capacité à rembourser sa dette. L’acceptation du dossier est notamment basée sur un calcul du ratio d’endettement intégrant l’hypothèse d’une hausse des taux à 5%, à laquelle s’ajoutent les charges d’entretien et d’amortissement (1%). Cette simulation permet aussi au client de dormir tranquille, sachant qu’une hausse des taux ne va pas compromettre son montage financier. «Nous encourageons nos clients à choisir ¾ de leur crédit à taux fixe, pour se prémunir contre une remontée des taux hypothécaires. D’autant plus qu’ils sont à un niveau historiquement très bas», note Serge Gaona. Isabel Garcia-Gil



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