Vendre un bien pour en acheter un autre, comment procéder?

Une fois l’objet trouvé, il faudra financer l’acquisition et coordonner la vente et l’achat. C’est là que les choses se compliquent.
En théorie, il suffirait juste de vendre le logement actuel et d’en acheter un autre en demandant à sa banque d’avancer la somme relative à la nouvelle acquisition, en attendant de vendre l’ancien bien. Il s’agit alors d’une sorte de «crédit relais» ou de «pont financier».
Mais voilà, le raisonnement de l’organisme de financement est beaucoup plus complexe. En effet, il faut tenir compte de plusieurs paramètres, à savoir:
• Les fonds propres: il faut toujours posséder les fameux 20% du prix d’achat, voire même 25% si l’on tient compte des frais d acquisition en sus (notaire, impôts et Registre foncier). Force est de constater qu’une bonne partie des fonds propres est immobilisée dans le premier bien immobilier et que cet argent ne sera disponible qu’après sa vente. Cela vient d’ores et déjà enfreindre un des raisonnements de base du financement, car la banque doit avancer temporairement à son client plus de 80% du prix d’achat.
• La tenue des charges: acquérir un bien plus grand ou neuf signifie généralement un financement et des charges plus importantes. Il y a donc lieu de refaire le calcul usuel des nouvelles charges qui doivent, à nouveau, ne pas dépasser le tiers des revenus annuels bruts des emprunteurs. Ce calcul est basé uniquement sur le nouveau bien immobilier, car l’autre sera vendu, mais si cela n’était pas le cas…
Et c’est là qu’intervient le risque, aussi bien pour la banque que pour les demandeurs!

Les risques qui planent
• Le risque de non-vente: cas catastrophique, la vente de l’ancien bien ne se réalise pas. Les époux se retrouvent avec deux biens immobiliers sur les bras et deux prêts hypothécaires sur le dos! Si la vente ne survient toujours pas, il faudra impérativement revoir le prix à la baisse pour pallier cette situtation.
• Vente du bien à bas prix: autant le couple que l’établissement financier avaient espéré un certain prix de vente, mais le marché réserve parfois de mauvaises surprises. Le prix peut donc diminuer et susciter un manque de liquidités. A cause de ce manco, l’endettement final sur le nouveau bien immobilier sera en-dessus des prévisions, sans parler des «sanctions» que pourrait appliquer la banque (augmentation de l’amortissement par exemple, ou pire si vraiment le prix devait être sacrifié, refus de financer).
Quel est donc le meilleur moyen pour effectuer ce passage au mieux? Tout ceci a fort heureusement déjà été prévu/anticipé par les établissements financiers.

Il existe quatre possibilités:
1) Les acheteurs ont des réserves financières pour les fonds propres et d’excellents revenus: en ce cas, l’établissement financier se sent en confiance. Les clients pourraient très bien assumer quelques mois la non-vente du premier objet, ou même envisager une baisse importante du prix d’achat. Dans ce cas, le prêteur acceptera la transaction sans autre et suivra ses clients.
2) Le couple a des réserves financières, mais pas les revenus nécessaires pour assumer les deux objets: dans cette option, les clients sont toujours dans une position de force, car même s’ils ne parvenaient pas à vendre leur appartement, ils pourraient très bien le mettre en location. Le loyer perçu permettrait de couvrir entièrement les charges afférentes à cette propriété, tandis que les charges du nouvel objet seraient couvertes par les revenus de l’activité lucrative.
3) Le couple n’a pas les réserves financières, mais d’excellents revenus: cela commence à se compliquer légèrement. En effet, le banquier prend un risque, mais un risque sur le pourcentage d’endettement total des deux biens immobiliers par rapport à leur valeur globale. Les 20% de fonds propres standards pour chacun des logements manqueront. Dans ce cas, l’organisme de financement demandera un amortissement conséquent les premières années, afin de revenir rapidement dans les normes.
4) Le couple n’a ni les réserves, ni les revenus adéquats pour assumer les deux objets: dans ce cas, l’établissement financier ne va pas accepter le risque. C’est pourquoi l’organisme de financement va demander aux clients d’avoir d’ores et déjà signé une vente à terme du premier logement au moment de s’engager à financer la deuxième habitation.
En finalité, le défaut de ces opérations vient du fait qu’il s’agira toujours du fameux «serpent qui se mord la queue»: les clients ne vont pas vendre s’ils n’ont pas acheté et ne pourront pas acheter s’ils n’ont pas vendu. C’est pour cela qu’il faut impérativement coordonner les deux dossiers.



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