«Granuleuse Rêverie», court-métrage genevois prometteur

Le synopsis simple est rigoureusement universel, en ce qu’il aborde les méandres psychologiques d’un jeune adolescent mal dans sa peau et terriblement amoureux. Une errance quasi douloureuse où il ne parvient à atteindre sa muse que lorsqu’il plonge dans le lâcher-prise d’épisodes chimériques presque candides.
Les vertiges de la vie réelle viennent évidemment contre-balancer la douceur et la légèreté de ses songes, et nous plongent avec plaisir dans une Genève tantôt minérale, tantôt bucolique, que chacun saura s’approprier. La réalisation léchée est sans fioriture, mais redoutablement efficace. La mise en scène ultra-symétrique est épurée et participe à une immersion quasi instantanée du spectateur dans le quotidien de ce héros mélancolique et attachant.
Le tout est rythmé par une musique empreinte de rock psychédélique des années 60, proposée ici par le groupe genevois «Le Roi Angus».

Poésie
Alexandre Schild, signe là un court-métrage poétique, qui pointe les maux bien particuliers que font surgir les premiers émois. La presque absence de dialogue et l’accentuation des bruits du quotidien concourent à un résultat percutant dans ce film. A l’image de cette scène où le héros Gaspar se frotte frénétiquement la peau, sorte d’ablution physique pour nettoyer un psychique tourmenté et qui, par la sonorité granuleuse du gant sur la peau, fait ressortir avec force le mal de l’adolescent.
Le premier rôle est interprété par Nathan Topow, étudiant en théâtre aux «Teintureries» de Lausanne. Quant à l’imperceptible muse de Gaspar, c’est la Genevoise Ella Pellegrini, étudiante au Cours Florent à Paris, qui campe le personnage.
A seulement 18 ans, Alexandre Schild n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà réalisé un autre court-métrage, intitulé «Les Entités androgynes».Le jeune homme prouve là une sensibilité visuelle et sonore de qualité et démontre que l’âge n’entre pas en ligne de compte quand il s’agit d’exprimer des émotions. Si le 7e Art est le plus populaire de tous, son exercice est audacieux autant que la critique populaire peut être fracassante, mais au vu de l’acclamation collégiale du public lors de la projection, gageons que le talent sincère et authentique de ce jeune réalisateur sera reconnu!

Maximilien Bonnardot



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