Joëlle Fiss, candidate PLR au Grand Conseil

Réfléchir autrement à l’avenir de Genève

La candidate libérale-radicale Joëlle Fiss présente un parcours original, puisqu’elle allie une solide expérience internationale et un ancrage local affirmé.

– Vous êtes candidate au Grand Conseil pour la première fois. Pourquoi?

– Le chemin jusqu’à ma candidature a été parcouru de façon très naturelle. Me présenter comme candidate au Grand Conseil est l’aboutissement de mes expériences réunies. Pendant plusieurs années, j’ai travaillé au Parlement européen, en tant que conseillère politique pour le groupe libéral. J’ai réfléchi et œuvré dans un contexte parlementaire. Proposer, convaincre, négocier, amender: ça me plaît et je crois savoir faire cela!

– Vous avez un parcours atypique, puisque vous avez vécu et travaillé à Bruxelles, puis à New York, pendant une quinzaine d’années. Pourquoi ces séjours à l’étranger et que vous ont-ils apporté? 

– J’ai suivi mon instinct lorsque les opportunités se sont présentées à moi. Le fil conducteur de mes choix professionnels a toujours été ma passion pour la politique et le désir d’en découvrir les facettes multiples, que ce soit dans les organisations internationales, un cadre législatif ou les organisations non gouvernementales. Chaque structure permet d’affiner notre regard et de mieux comprendre comment contribuer à titre individuel à l’œuvre collective. Et puis mes séjours à l’étranger m’ont beaucoup apporté. Vivre une expérience internationale nous permet parfois de mieux se connaître. C’est en comparant la maison, «Genève», aux villes étrangères qu’on sait ce qui nous manque et pourquoi on retourne au bercail.

– Quand êtes-vous revenue à Genève, quelle impression la ville vous a-t-elle faite alors? 

– J’ai décidé de rentrer à Genève lorsque je vivais encore à New York. J’avoue que la transition ne fut pas toujours facile dans les premiers mois. Les rythmes de vie sont différents à Genève et à New York. Tout changement nécessite une adaptation. J’ai repris goût à la cadence de notre canton, mais surtout à reconnecter avec mes proches. A l’étranger, ce sont surtout les gens qui m’ont manqué. La loyauté, la sincérité, l’ouverture et l’humour des Genevois est vraiment unique.

– Dans quel domaine travaillez-vous? 

– Aujourd’hui, je suis analyste des droits de l’homme et je publie des recherches pour le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de religion et de conscience. Mon travail se situe au carrefour de la recherche académique et la politique publique. Je collabore aussi avec des Universités à New York. Mes recherches se concentrent sur le rôle que joue la religion dans le monde d’aujourd’hui et ses effets multiformes sur la sécurité, les conflits, les droits de l’homme, la société et l’identité. Je publie sur les allégations de blasphème, qui ciblent souvent les dissidents politiques, les minorités religieuses, les libres penseurs ou athées. Je suis aussi membre du panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de religion ou de conviction, et je participé à des débats sur des questions liées à la violence au nom de la religion et aux différentes cultures juridiques autour de la liberté d’expression.

– Votre engagement politique est-il une manière de mettre en œuvre des idées glanées à l’étranger? 

– Vivre ailleurs m’a inévitablement donné un double regard sur tout! Je compare en permanence Genève avec d’autres villes. Cela me donne une perspective qui me fait réfléchir autrement, et je pense une certaine créativité. Cela pourrait être utile pour enrichir des projets locaux.

– Quelle sont vos priorités pour Genève? 

– Je porterai une attention particulière à la sécurité et aux droits de l’homme, qui sont tous deux complémentaires à mon sens. Il faut aussi veiller au «vivre ensemble» entre Genevois et mener la lutte contre toutes les formes de discrimination. Je soutiendrai la promotion de la Genève internationale, qui apporte beaucoup à notre société et notre économie. Des acteurs clefs sont réunis ici dans les domaines de la recherche scientifique, la santé, l’innovation, la finance, le commerce international, l’environnement, la diplomatie et l’humanitaire. Il faut maximiser ces opportunités pour qu’elles apportent des avantages plus concrets aux Genevois. De plus, j’examinerai attentivement les questions relatives au logement, à la santé, à l’éducation et à la culture.

– Vos qualités principales?  

– Je suis consciencieuse et n’ai pas peur de travailler sur des dossiers compliqués. Et puis, tous les jours, je m’efforce de rester moi-même en politique. L’authenticité est une vertu sur laquelle il faut constamment travailler, mais également une valeur qui ne souffre pas de compromis.

– Un adjectif qui vous définit? 

– Fonceuse! Si un projet m’intéresse ou me tient à cœur, je suis prête à retrousser mes manches et à travailler, sans compter les heures. n

Propos recueillis par François Lemaire

 



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