Francis-Luc Perret à l’honneur

Cobaty Vaud célèbre l’acte de construire

A l’EPFL et à l’ISREC, le professeur Perret a piloté des créations d’envergure et de grande qualité. En remettant son Prix Cobaty à l’ancien vice-président de l’EPFL, ce fut l’occasion pour l’association de Lausanne-Vaud de la Fédération Cobaty de rendre également hommage aux jeunes vainqueurs suisses de l’International Solar Decathlon 2017 à Denver (Etats-Unis).

Cobaty Lausanne-Vaud, présidée par Didier Grobet, a remis pour la première fois le prix qu’elle a créé dans le but de distinguer une personnalité faisant preuve d’une implication notable dans l’acte de construire. C’est le professeur lausannois Francis-Luc Perret qui en a été le récipiendaire. Né en 1943, le professeur Perret est diplômé en génie civil de l’EPUL (aujourd’hui EPFL) et a également une formation d’économiste acquise à l’Ecole des HEC de Lausanne. Vice-président de l’EPFL pour la planification et la logistique, il a été étroitement associé à l’édification de son Rolex Learning Center et à la création de son Quartier de l’Innovation; aujourd’hui directeur de la Fondation ISREC, il pilote la réalisation de l’Agora, un pôle de recherche sur le cancer édifié à proximité du CHUV.

Les idéaux de l’association

C’est donc une personnalité qui s’est engagée dans des réalisations d’envergure et de qualité qui inaugure la liste des lauréats du Prix Cobaty Lausanne-Vaud; il sera décerné tous les deux ans. Cobaty Genève, de son côté, décerne aussi, annuellement, un Prix Cobaty, destiné à un apprenti méritant. Le «profil» du charismatique Francis-Luc Perret correspond en tous points aux idéaux défendus par l’association. La Fédération Cobaty est née en France en 1957 et réunit des hommes et des femmes impliqués dans l’acte de bâtir, ayant décidé d’exercer leurs activités en vue de la recherche d’une meilleure qualité professionnelle dans le sens des principes de respect, d’amitié et de solidarité. Des réunions et des séminaires, des visites, des échanges d’expériences, des publications, un grand Congrès annuel (le dernier en octobre 2017 a réuni plus de 1000 personnes à Genève, le prochain a lieu en septembre à Mâcon) constituent l’essentiel de son activité.

Aujourd’hui, la Fédération internationale est formée de 130 associations locales – en Suisse, elle est également présente à Genève, Neuchâtel et Sion-Valais romand – et compte près de 5000 membres. Plus d’une centaine de professions sont représentées, allant de l’architecte à l’avocat, de l’ingénieur à l’urbaniste, de l’entrepreneur au banquier et au notaire, du promoteur au géomètre, etc.

Plusieurs exploits

Francis-Luc Perret et les nombreux cobatystes réunis dans les locaux de la Fédération vaudoise des entrepreneurs, à Tolochenaz, ont certainement apprécié à sa juste valeur le deuxième point fort de cette manifestation, la présentation du projet Neighborhub, gagnant du Swiss Living Challenge. Derrière ces anglicismes se cache une superbe performance à mettre à l’actif d’étudiants romands et de leurs Hautes Ecoles. Il s’agit en effet de la victoire remportée en octobre dernier au concours international Solar Decathlon, organisé à Denver par le Département américain de l’énergie. Structurée en dix épreuves, cette compétition universitaire consistait à concevoir et à construire des maisons  alimentées en énergie solaire uniquement et efficientes sur le plan énergétique.

La victoire de l’équipe suisse relève, en fait, de plusieurs exploits. Il a fallu, tout d’abord, réunir autour d’un même projet les représentants de quatre Hautes Ecoles: l’EPFL, la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg, l’Université de Fribourg et la Haute Ecole d’art et de design de Genève. Il a fallu ensuite que quelque 250 étudiants, mués en praticiens, travaillent deux à trois ans durant à la réalisation du projet, tout en menant de front leurs études. Et il a fallu créer un bâtiment non seulement autonome énergétiquement, mais aussi démontable et déplaçable de Fribourg à Denver, où il devait être reconstruit dans les délais. Ce qui fut fait, deux minutes avant le gong!

Cœur de voisinage

Neighborhub peut être traduit par «cœur de voisinage» et illustre bien l’esprit dans lequel le projet a été conçu. Il s’agit d’une maison offrant une surface de 147 mètres carrés, au service de son quartier, plutôt que d’un pavillon destiné à abriter une famille. Elle doit devenir à terme un lieu écoresponsable et fédérateur, réunissant les habitants du quartier pour les encourager à opter pour un avenir plus durable. Ainsi, sept leviers d’action sont proposés, qui permettront de consommer moins et mieux: l’utilisation des énergies renouvelables, tout d’abord. La maison du futur est équipée de 29 panneaux photovoltaïques mobiles installés sur les façades, le toit étant réservé à la végétalisation; la mobilité; la gestion des déchets; celle de l’eau, avec, par exemple, la récupération des eaux pluviales, des toilettes sèches ou encore les plantes et les fleurs arrosées en circuit (aquaponie); la nourriture; la biodiversité et le choix des matériaux.

Un dernier exploit – et la liste n’est pas exhaustive – à l’actif de l’équipe suisse. Sur les dix épreuves qui structuraient la compétition, elle en a remporté six: l’architecture, la gestion de l’eau, la santé et le confort, l’exploitation de la maison, la stratégie énergétique et l’ingénierie. Difficile de faire mieux, lorsqu’il s’agit de prouver que la Suisse est capable de maîtriser les questions relevant des modes de vie durables!

Etienne Oppliger



Télécharger