Fédération des associations d’architectes et d’ingénieurs de Genève (FAI)

Une nouvelle présidente à la tête de la FAI

L’ingénieur géomètre officielle Nadine Couderq, du bureau MBC ingéo, vient d’être élue à la présidence de la FAI, succédant à Patrice Bezos, architecte et associé du bureau Favre & Guth. Ils nous parlent de la FAI, une Fédération qui regroupe cinq associations professionnelles genevoises, soit indirectement 2400 membres.

– Patrice Bezos: En tant qu’association faîtière, la Fédération des associations d’architectes et d’ingénieurs de Genève (FAI) coordonne et représente les intérêts communs des architectes et des ingénieurs, via ses Commissions où sont représentées les cinq associations professionnelles suivantes: l’Association genevoise des architectes (AGA), l’Association genevoise des géomètres et géomaticiens (AGG), l’Association genevoise des ingénieurs (AGI), la Fédération des architectes suisses – section genevoise (FAS) et la Société suisse des ingénieurs et architectes – section genevoise (SIA).

Le ou la président(e) est nommé(e) tous les deux ans, alternant architecte et ingénieur. La FAI est apolitique: nous apportons une expertise technique et «métier». Cette année, la Fédération fête ses quinze ans d’existence; au fil du temps, elle a acquis une forte visibilité en devenant l’interlocuteur privilégié de l’Etat pour tout ce qui concernait les projets de lois, les problématiques en cours, les modifications de pratiques, etc.

– Quelles sont vos principales missions? 

– Nadine Couderq: Nous sommes régulièrement consultés par les Commissions (des travaux, du logement et de l’aménagement) du Grand Conseil, afin de donner un avis d’expert. Nous participons par ailleurs à des groupes de travail, notamment avec l’Office de l’urbanisme; les sujets débattus sont par exemple la méthode des Plans localisés de quartier ou le Plan directeur cantonal. Le dialogue avec l’Office des autorisations de construire (OAC) est permanent, dans le but d’améliorer et d’accélérer les procédures. Nous avons aussi une Commission des concours et des appels d’offres (CCAO), qui analyse les procédures (concours, appels d’offres, mandats d’études parallèles) dès leur publication sur SIMAP, le système d’information des marchés publics en Suisse. Si quelque chose n’est pas conforme aux bonnes pratiques, les organisateurs sont contactés et des améliorations sont proposées. Nous intervenons également pour le respect des conventions collectives de travail. Enfin, nous éditons deux fois par an une revue («Interface») sur des thèmes d’actualité.

– Que faites-vous en termes de formation?

P.B.: Une de nos cinq Commissions, «Ecoles et formation», assure l’adéquation de la formation avec les besoins réels de nos professions et permet ainsi le maintien du niveau de prestations. Nous avons beaucoup travaillé ces dernières années sur les questions liées à l’apprentissage. En effet, les apprentis-dessinateurs en architecture et génie civil affichaient de mauvais résultats aux examens du CFC; les rôles respectifs des bureaux d’études et de l’école étaient mal définis. Nous avons clarifié les tâches des patrons par le biais d’un guide; de nombreuses réunions ont également été organisées avec le Centre de formation professionnelle construction (CFPC). La FAI a informé les comités de ses diverses associations professionnelles pour qu’ils prennent en compte ces prescriptions et encouragent leurs membres à engager des apprentis. Car le système d’apprentissage en Suisse est en soi excellent: la formation duale telle que nous la proposons est un modèle envié et reproduit dans d’autres pays.

– Quel bilan tirez-vous de ces deux dernières années?

P.B.: La collaboration s’est accrue avec les administrations et ce furent des années intenses, mais positives; nous avons eu beaucoup de séances, de sujets à traiter et de débats. On peut dire que la FAI est aujourd’hui considérée comme un véritable partenaire de l’Etat et de la Ville de Genève. Depuis 2013, nous avons participé à un groupe de travail «Qualité du logement», initié par l’Office cantonal du logement et de la planification foncière; son but: mener une réflexion commune sur ce thème et adapter en conséquence le Règlement d’exécution de la loi générale sur le logement et la protection des locataires (RGL), qui datait des années soixante. Ce sujet est essentiel, car il concerne les logements réalisés en zone de développement, c’est-à-dire 80% des appartements qui se construisent à Genève. La modification de l’instrument administratif et financier qu’est la RGL consiste à créer plus d’adéquation avec nos nouveaux modes de vie (mobilité, numérisation, etc.), autoriser l’expérimentation typologique et favoriser l’innovation dans les relations entre les divers espaces. Les propositions seront prises en compte et le Conseil d’Etat adoptera cet automne la révision de la RGL.

– Quels sont les projets que vous souhaitez développer? 

N.C.: C’est l’actualité qui dictera en partie nos actions. Mais en tout cas, nous comptons poursuivre sur la lancée: la FAI doit rester le partenaire privilégié de l’Etat et de la Ville de Genève. Nous allons également continuer à travailler sur la simplification des autorisations de construire. Car si le nombre de dossiers déposés ne cesse d’augmenter (plus de 25% ces deux dernières années), les ressources humaines allouées aux services administratifs concernés stagnent ou diminuent. Nous saluons bien entendu les efforts de l’Office des autorisations de construire (OAC), qui a récemment mis en place la dématérialisation des demandes d’APA, une initiative qui se poursuivra pour les demandes définitives.

Ces moyens informatiques feront économiser du temps, ainsi qu’une quantité non négligeable de papier… Pour rationaliser ce qui peut encore l’être, la FAI a interpellé les services préaviseurs du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA), à présent répartis au sein des Départements du territoire et des infrastructures (DT et DI) ; des groupes de travail se sont constitués afin de trouver des marges de simplification dans les domaines que sont l’eau, l’environnement, la nature et le paysage, les risques majeurs et les transports. L’accueil qui nous a été réservé par les différents chefs de services concernés et par le Secrétariat général du DETA a été très positif. Ce travail se déroulera dès l’automne prochain; nous comptons sur ces échanges pour que les préoccupations des services administratifs et celles des architectes/ingénieurs soient mieux comprises et que davantage de fluidité dans les processus d’autorisation de construire en découle.

Propos recueillis par Véronique Stein

 



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