Assemblée générale de la SG/SSE

Le vœu de construire Genève tous ensemble

Au sein des entreprises de la construction, la concurrence est parfois rude, mais la confraternité bien présente. L’un des événements annuels où les chefs d’entreprise et les responsables associatifs se réunissent pour trinquer à la santé et à la prospérité de la République, c’est la traditionnelle Assemblée générale de la Société suisse des entrepreneurs/ Section de Genève. La 220e édition s’est tenue mi-juin au Domaine de Penthes, en présence du conseiller d’Etat Antonio Hodgers.

Fondée en 1903, la SG/SSE est l’organisation professionnelle qui regroupe à Genève les entreprises du secteur principal de la construction, dit Gros œuvre. Elle compte aujourd’hui quelque 120 membres, occupant 90% des effectifs de la branche, soit près de 6000 actifs. La SG/SSE est affiliée à la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), dont elle est le plus important groupement avec une représentativité (masse salariale) de 42%, le solde réunissant les associations du Second œuvre et des métiers techniques du bâtiment.

Intervenir sur plusieurs fronts

La partie formelle de l’Assemblée générale, ainsi que la soirée festive qui s’ensuit, sont chaque année l’occasion de rappeler les principaux axes d’intervention de la SSE Genève, à savoir:

• La politique économique: la SG/SSE émet des recommandations en matière de modification de lois ou règlements, en rapport avec le domaine de la construction.

• La politique patronale: la SG/SSE aide les entreprises sur le plan juridique, notamment en rapport avec la convention collective de travail et en délivrant une charte d’éthique reconnue par l’Etat et les maîtres d’ouvrages.

• La formation professionnelle: la SG/SSE contribue à la relève des collaborateurs au travers de l’Institut de formation de la construction (IFC).

Ces diverses missions ont besoin de toutes les forces vives pour se poursuivre. Car au cours des six derniers mois, plusieurs chantiers genevois ont été la cible d’actions de blocage par des syndicats. «Une attitude assez particulière de la part de ceux que l’on avait pourtant considérés comme des partenaires sociaux, déplore le président de la SG/SSE, Pierre-Alain L’Hôte. D’autant plus que les dispositions de la Convention nationale de la construction (CN) en vigueur n’ont fait l’objet d’aucune violation». Selon le président, ces actions n’interviennent pas suite à un quelconque échec de négociations, les discussions portant sur le renouvellement de la CN étant en cours. «Les syndicats évoquent de prétendues baisses des conditions de travail sur les chantiers. La CN de la construction est pourtant aujourd’hui la plus favorable pour les travailleurs de l’industrie et de l’artisanat. A de multiples reprises, les entreprises du Gros œuvre ont communiqué leur disposition à rouvrir le dialogue, pour autant que la paix du travail soit respectée par les parties concernées», conclut Pierre-Alain L’Hôte.

La ville de demain

Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, qui a pris la tête du nouveau et vaste Département du territoire, évoque quant à lui sa position au début du mandat précédent: un appel à la construction de logement, permettant de maintenir la population genevoise sur notre territoire et d’éviter les mouvements pendulaires. Comme écologiste prônant le développement, le magistrat compte poursuivre sur sa lancée: «Depuis 2015, nous avons construit plus de 2000 logements par année et 5500 logements sont en cours de construction. Ce moment est unique! Une si forte croissance ne s’était pas produite depuis les années 1960-70; elle va certainement marquer les générations futures». Car s’il y a des métiers qui contribuent à laisser un héritage à nos enfants, ce sont bien ceux du bâtiment.

«Nous à la planification, vous à la construction, nous devons construire une métropole de qualité», s’est exclamé Antonio Hodgers. Le défi du développement implique une attention portée à la qualité et à la durabilité; ainsi, béton et éléments naturels peuvent trouver des synergies et contribuer au bien-être de la population. «Vous faites des métiers magnifiques et déployez des perspectives incroyables sur le long terme. Le Conseil d’Etat est fier de participer avec vous au développement de Genève», a affirmé l’orateur.

GROS PLAN

Revendications syndicales

Une mise au point patronale

Les syndicats genevois ont transmis à la SG/SSE et au GGE (Groupement genevois d’entreprises du bâtiment et du génie civil) une résolution des délégués du Gros œuvre, votée en assemblée le 23 juin dernier et demandant l’ouverture de négociations locales portant sur les points suivants: limitation du travail temporaire, participation au paiement de la prime d’assurance maladie, protection des travailleurs en cas d’intempéries. Les deux organisations ont répondu par un communiqué aux termes clairs.

«Cette demande, qui n’est pas nouvelle, était assortie d’un ultimatum et d’une menace de grève. Elle constitue une suite logique aux actions violentes menées par les syndicats genevois depuis le mois de novembre 2017, consistant à organiser des blocages de chantiers dans le but d’empêcher l’activité des entreprises et des travailleurs, ce qui est parfaitement injuste, inutile et contre-productif.

• Injuste, car au lieu d’agir sur les causes générant une hausse constante des primes d’assurance maladie – qui touchent tous les citoyens de notre canton, ainsi que nos voisins vaudois -, les syndicats demandent aux seules entreprises genevoises, membres de nos associations, de compenser cette hausse par une prime versée à leurs employés.

• Inutile, car les partenaires sociaux au niveau national négocient déjà actuellement le renouvellement de la Convention collective de travail au 1er janvier 2019 et les discussions portent notamment sur l’augmentation des salaires et le financement durable de la retraite anticipée.

• Contre-productif, car la violation répétée de la paix absolue du travail ne peut que compliquer les relations entre les partenaires sociaux à Genève, au détriment de la protection des travailleurs.

La demande d’ouverture de négociations à Genève est possible, mais seulement si les règles du jeu sont respectées. Le respect de la paix absolue du travail est en effet une condition préalable à toute discussion, ce sur quoi les syndicats genevois s’étaient pourtant formellement engagés en signant le protocole d’accord du 30 septembre 2016 conclu sous l’égide de M. le conseiller d’Etat Pierre Maudet, soit: «Les syndicats renoncent expressément à mener toute action susceptible de troubler le déroulement du travail, telle que manifestation, assemblée des travailleurs pendant les heures de travail, grève, menace de grève, incitation à la grève, toute résistance passive de même que toute mesure punitive ou autre mesure de lutte, telle que mise à l’interdit ou lock-out, qui sont interdites» (art. 4, al. 4).

Aucune négociation ne pourra être envisagée avec des personnes qui ne respectent pas leurs engagements et qui commettent des actes illicites (blocages de chantiers, contrainte, diffamation, etc.). Les métiers exercés dans nos entreprises sont exigeants et méritent une vraie considération, qui se traduit d’abord par le maintien des acquis et le respect des conditions de travail. A ce titre, il n’est pas inutile de rappeler que c’est grâce au respect de la paix absolue du travail et à un partenariat social fort que les conditions dans le gros œuvre, bâtiment et génie civil, sont meilleures que celles des autres secteurs de l’industrie et de l’artisanat (cf. tableau ci-contre).

En agissant de la sorte, les syndicats perdent de vue que la sauvegarde des emplois à Genève serait mise en péril par une baisse de compétitivité des entreprises genevoises face aux entreprises concurrentes suisses et étrangères».

Véronique Stein



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