Joyau de la rue du Rhône

L’immeuble Bucherer s’offre une cure de jeunesse

Après trois ans de travaux, l’immeuble qui abrite la boutique Bucherer, à la rue du Rhône, dévoile plus de 700 mètres carrés d’espace de vente et de salons privés dédiés à l’horlogerie et à la joaillerie.

C’est un bâtiment complètement restauré, du sol à la toiture, que Bucherer vient de présenter au public. Cet édifice imposant, qui s’étend du quai Général-Guisan à la rue du Rhône et affiche des façades néo-classiques, a été construit entre 1832 et 1835 par l’architecte Adolphe Reverdin pour les frères David-Henry et Marc-François Brolliet.

L’immeuble, l’un des derniers témoins de la Restauration dans le quartier des quais, et sans doute le plus authentique, est l’adresse historique de Bucherer depuis 1968, date à laquelle l’entreprise installe ses vitrines de montres dans les locaux de Philippe Béguin, concessionnaire Rolex, au rez-de-chaussée du quai Général-Guisan. Le premier étage, où se trouve l’antiquaire Cottet, est repris en 1973 par l’entreprise lucernoise, puis c’est le tour du restaurant L’Aïoli en 1980. Bucherer étend désormais son territoire à la rue du Rhône en occupant l’immeuble entier, qu’il acquiert en 1997. Aujourdhui s’écrit une nouvelle page de son histoire.

Chantier délicat

«C’était un chantier passionnant, mais complexe, car pendant toute la durée des travaux, l’exploitation s’est poursuivie que ce soit à la boutique, qui continuait à accueillir ses clients, ou dans les bureaux administratifs de Bucherer, explique l’architecte Pierre-André Bohnet du bureau Strata Architecture, à Carouge. De ce fait, l’acheminement des matériaux et les déplacements des ouvriers se sont tous fait par les fenêtres et sans grue».

Le chantier, d’un montant de plusieurs dizaines de millions et qui a permis de faire de l’adresse historique de Bucherer à Genève un véritable navire amiral, s’est déroulé en deux étapes. «Pour donner une image, on pourrait dire que l’idée était de scier verticalement le bâtiment en deux. Les collaborateurs s’installant successivement dans une aile, puis dans l’autre. Une fois les deux parties terminées, nous avons fait le joint entre elles avec l’aménagement intérieur. Lors de la première partie des travaux, côté Général-Guisan, nous avons dû empiéter également sur la place du Port dans le cadre du raccordement de l’immeuble au systhème GeniLac, cette solution thermique innovante, 100% renouvelable, qui utilise l’eau du lac pour rafraîchir et chauffer les bâtiments du centre-ville», relève Pierre-André Bohnet.

Respecter le bâtiment

Les travaux, qui se sont déroulés en parfaite collaboration avec la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS), ont compris notamment l’installation de nouveaux planchers anti-feu offrant une meilleure isolation sonore, l’utilisation des anciens canaux de cheminée pour solidifier les murs et le changement des fenêtres.

«L’intérieur de l’immeuble a été presque entièrement mis à nu, reprend Pierre-André Bohnet. Nous n’avons conservé que les poutres et certains morceaux de planchers historiques. Nous avons aussi privilégié les techniques et les matériaux, comme le bois, utilisé à l’époque. L’important était de ne pas dénaturer le bâtiment». C’est ainsi que la vaste cage d’escalier d’époque, avec son escalier tournant, son garde-corps en ferronnerie et sa main courante en bois, constitue un élément fort de l’aménagement intérieur de la boutique. Celle-ci joue harmonieusement entre passé et présent, entre références historiques et touches contemporaines.

Le rez-de-chaussée accueille un espace de réception moderne, qui s’ouvre sur une vaste boutique Rolex, et un luxueux espace dédié à la haute horlogerie. Au premier étape, ce sont plus de vingt marques horlogères iconiques qui sont présentées dans une ambiance élégante et chaleureuse, tandis que la joaillerie occupe le deuxième étage. Enfin, le troisième étage est dévolu aux ateliers d’horlogerie et de bijouterie, ainsi qu’au service après-vente.

Odile Habel 

 



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