Candidat au Conseil administratif dans un an

Objectif 2020 pour Simon Brandt

Il est indéniablement atypique. Réservé et sérieux, mais plein d’humour. Combatif et tenace, mais toujours calme et posé. Passionné de politique, mais honnête et loyal. Le président d’un autre parti l’avouait récemment à l’issue d’un débat télévisé: «Le plus convaincant parmi nous, c’était Simon Brandt». Cet élu municipal, puis cantonal, trentenaire pourrait passer pour un homme de dossiers – il les maîtrise généralement mieux que quiconque – mais il a tranquillement, avec beaucoup d’avance sur ses concurrents, conquis le statut de candidat PLR au Conseil administratif de la Ville en 2020 et d’ores et déjà constitué son programme et son équipe de campagne. Alors, nous aussi, prenons de l’avance et interrogeons-le!

– Simon Brandt, qui êtes-vous?

– J’ai 34 ans. Je suis né à Genève et ai grandi avec ma mère, originaire de Zurich, ainsi que ma sœur. Politologue de formation, je suis diplômé de l’Université de Genève (Bachelor en sciences politiques) et de l’Université de Lausanne (Master en sciences politiques). Dans ce cadre, je me suis spécialisé dans les domaines touchant à la sociologie du vote, au fonctionnement des administrations, mais aussi et surtout à la sécurité publique et aux organisations policières, dont j’ai fait mon domaine de recherche principal. Raison pour laquelle je travaille dans ce secteur aujourd’hui.

– Pourquoi vous présentez vous au Conseil administratif?

– Parce que j’ai la passion de la politique, à laquelle je consacre l’essentiel de mon temps libre depuis que j’ai le droit de vote. Je veux changer les choses et démontrer qu’il est possible de faire de la politique pour servir la collectivité et non pas se servir. L’affaire des notes de frais du Conseil administratif, qui voit deux élus de l’Exécutif municipal mis en prévention et deux autres appelés à donner des renseignements, étant l’exemple type de ce qui n’est pas acceptable. En cas d’élection au Conseil administratif, je prends l’engagement d’être extrêmement rigoureux avec l’argent de la collectivité et de ne jamais rien dépenser qui ne relève pas strictement de l’action publique; de rendre des comptes en tout temps à la population;  surtout, de ne jamais confondre mon porte-monnaie privé et celui du contribuable!

– Justement. Quel regard portez-vous là-dessus?

– Un regard horrifié, tant il semble clair que comme on dit, «il n’y en a pas un pour rattraper l’autre». Pensez: un magistrat en charge de l’Aménagement qui prône la fin de la voiture au centre-ville mais se fait payer sa place de parking privée par le contribuable; une responsable des Finances qui n’a pas pris le temps de mettre à jour le règlement sur les notes de frais et omet de contrôler celles-ci, ou encore un conseiller administratif qui confond ses cartes de crédit privée et professionnelle (elles seraient paraît-il de la même couleur!)… Force est de constater que l’on a bel et bien là un problème institutionnel. Raison pour laquelle je pense qu’aucun des actuels magistrats ne devrait se représenter. Je m’étonne aussi de voir le fossé entre les actes et les paroles du parti socialiste, qui devrait adapter son slogan en «pour toutes et tous sans privilèges mais avec une carte de crédit».

– Vous avez la réputation d’être travailleur et de connaître vos dossiers sur le bout des doigts…

– Je m’y efforce en tout cas. A titre d’exemple, j’ai déposé avec mon groupe plus de 120 textes parlementaires depuis mon entrée au Conseil municipal en novembre 2005. J’ai présidé sa Commission des finances et ai aussi été rapporteur général sur le budget. Je tente toujours de trouver des solutions concertées pour que les dossiers avancent et m’implique à fond dans mon activité politique. A l’inverse, je peine à comprendre les personnes qui prétendent à un poste dans un Exécutif, alors que leur activité politique est proche du néant. Qui peut donc croire que quelqu’un qui ne travaille pas au Conseil municipal le fera au sein du Conseil administratif?

– Quelle majorité au sein du prochain Conseil administratif?

– La sociologie électorale de la Ville de Genève est foncièrement différente de celle du canton. La force électorale du PLR Ville de Genève (actuellement 17,68%) ne lui permet ainsi pas de postuler à plus d’un siège au Conseil administratif, dans lequel il n’est d’ailleurs plus représenté actuellement. Si nous pouvons espérer gagner un second siège au Conseil administratif avec le PDC dans le cadre de l’Entente, nous ne pouvons par contre pas prétendre à un troisième siège, à moins d’élargir l’alliance à l’UDC et/ou au MCG, avec qui nous travaillons au sein de la droite élargie depuis le début de la législature, ce qui nous permettrait alors d’avoir la masse critique nécessaire pour réclamer la majorité à l’Exécutif municipal. Cette question devra ainsi être tranchée par nos partis respectifs, qui devront déterminer quelle est la meilleure stratégie à adopter pour redonner le bon cap à notre Ville.

– Quelle est votre vision politique?

– Je crois sincèrement en la notion de justice sociale, ainsi qu’en la liberté d’entreprendre. Je pense qu’une société sans garde-fou engendre le chaos. Nous devons ainsi veiller à ne laisser personne de côté, tout en fixant des conditions-cadres adéquates à la création de la richesse qui permet de financer l’État. La prochaine votation sur la RFFA en est d’ailleurs l’exemple type; la RFFA doit être soutenue si l’on souhaite maintenir un tissu économique suffisamment fort pour aider ceux qui en ont besoin.

– En matière de logement?

– La politique menée actuellement par la Gérance immobilière municipale (GIM) correspond à une forme de gentrification inversée, dès lors qu’on en a chassé la classe moyenne au profit d’usagers moins favorisés. Les dégâts sont lourds, avec en outre un règlement de la GIM qui facilite la résiliation des baux, utilisé comme moyen de pression afin que les locataires acceptent de partir. On traite les gens comme de simples dossiers, en oubliant qu’il y a des vies derrière ces numéros. Les personnes âgées sont en tête des gens concernés, car certaines d’entre elles se sentent dépassées par les menaces de résiliation de bail et sont démunies pour y répondre. J’ai en tête l’exemple d’une nonagénaire ayant reçu une mise en demeure, avec menace claire d’une résiliation de bail, faute d’avoir transmis à temps un document sur sa situation financière, laquelle ne pouvait guère changer, vu qu’elle vivait de la seule AVS depuis sa retraite. Ce n’est pas acceptable pour une régie publique!

– Que proposez-vous?

– Je suis partisan de la fusion des régimes existants au sein de la GIM (loyers libres et sociaux) en une seule et unique catégorie, sur le modèle des Habitations Mixtes (HM). Ce faisant, le loyer serait fixé selon la situation financière de chacun, avec l’immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsque leurs revenus dépassent un certain seuil. Ce faisant, nous pourrions créer de la mixité sociale, tout en augmentant les revenus du parc locatif. De même, nous devons aussi cesser d’expulser les personnes à l’AVS, qui ne doivent pas perdre leurs repères personnels. Surtout, nous devons mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements en est un, l’échange d’appartements en est une autre.

– Quid de l’entretien du parc immobilier?

– Le déficit d’entretien actuel des immeubles de la GIM est problématique car il entraîne l’existence d’une dette cachée, vu qu’il faudra bien finir par rénover ceux-ci. Il amène donc un coût écologique, énergétique et aussi financier pour la Ville. Les bâtiments  ne sont de loin pas aux normes de durabilité. Il existe pourtant des outils ad hoc, tels que le Fonds pour le logement d’utilité publique, le bonus à la rénovation (art. 17 LDTR) ou encore le bonus conjoncturel à l’énergie (art. 15A LEn). Il suffit juste d’avoir la volonté de les utiliser, plutôt que de reporter ce problème sur les générations futures.

– Et en matière d’aménagement?

– La priorité absolue est de revoir le Plan d’utilisation du sol (PUS). Pour cette raison, j’ai déposé au Conseil municipal (PRD-168) un projet visant à assouplir celui-ci. Soit d’introduire une possibilité de réversibilité dans certaines situations, vu qu’aujourd’hui, un changement d’affectation ne peut avoir lieu qu’une seule et unique fois. Cela offrirait une vision à plus long terme et permettrait de s’adapter aux besoins des quartiers, en perpétuelle évolution. L’animation et l’attractivité des quartiers, voulues par le PUS, sortiraient renforcées par l’adoption d’une telle mesure.

Propos recueillis par Vincent Naville

 



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