A l’avenue de France

Les migrants s’installent à Rigot

Avenue de France, au cœur de la Genève internationale, le Centre d’hébergement collectif de l’Hospice général s’ouvre à 370 migrants. Inauguré en septembre, l’ensemble entièrement construit en bois local – avec la signature de l’expert Charpente Concept – est le premier signe tangible d’un concept d’accueil fondé sur l’intégration.

Après vingt mois de chantier, les autorités cantonales et la Genève internationale se sont retrouvées pour inaugurer le Centre collectif pour migrants de Rigot, sur l’avenue de France, face aux bureaux du HCR. Un ouvrage emblématique pour Christophe Girod, directeur de l’Hospice général, qui y voit l’image novatrice des futurs sites d’accueil décents, notamment celui de la Seymaz qui suivra prochainement, «où les résidants pourront enfin poser leurs valises, condition indispensable à leur intégration au sein de la collectivité genevoise». Valorisant le bois local, conçu par l’Atelier d’architecture carougeois ACAU et bâti par Charpente Concept, l’entreprise du pionnier de la construction bois Thomas Büchi, l’ensemble de deux immeubles de quatre étages sur rez est constitué de modules préfabriqués démontables et réutilisables. Non seulement écologique, il a aussi la caractéristique d’être modulable, du studio au quatre pièces selon les besoins, tout en intégrant des espaces communs dédiés à la formation, aux enfants et aux activités sociales.

L’occasion pour Serge Dal Busco, vice-président du Conseil d’Etat, d’appeler à la solidarité de tous les Genevois pour l’intégration des migrants et de souligner que le Collège Sismondi tout proche, la Maison de quartier et plusieurs entreprises ont déjà répondu présent pour participer à faire de Rigot un lieu de vie et d’échange. Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, y voit pour sa part la création d’un lien tangible entre la population réfugiée et celle de la Genève humanitaire et internationale. Et de se réjouir que de nombreuses organisations voisines se mobilisent pour mener des activités de bénévolat avec des résidants.

Pommier prometteur

Ce nouveau centre est issu de la «task force» créée en 2015 par les autorités cantonales, au paroxysme de la crise migratoire. Genève avait alors dû loger les migrants en urgence dans des abris de protection civile parfois vétustes. La quantité de logements disponibles pour les migrants sur le territoire genevois n’augmentera pas: les nouveaux compenseront la démolition programmée des sites insalubres de Franck-Thomas et des Tilleuls, au Grand-Saconnex. Le centre de Saconnex, au Petit-Saconnex, sera démoli et reconstruit, dès début 2020. De façon générale, bien que les chiffres se stabilisent, la demande en hébergement reste un défi pour le Canton, avec actuellement 6375 réfugiés ou requérants d’asile logés dans les structures proposées (1974 personnes en logements collectifs, le solde en logements individuels).

Tandis que la diminution de demandes d’asile entraîne la fermeture de centres, Genève signe donc une nouvelle ère qualitative dans sa politique d’accueil. Symbolique, le jeune pommier planté par les intervenants devrait porter ses fruits, tandis que les potagers communautaires, créés avec l’expertise de l’EPER, l’Entraide protestante suisse, seront cultivés en binôme entre résidants du centre et habitants du quartier. Des partenariats ont été mis en place avec des entreprises proposant coaching et ateliers de recherche d’emploi.

Viviane Scaramiglia

 



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