Hugues Hiltpold vu par ses pairs

Christian Lüscher et Simone de Montmollin, les deux élus du PLR, ont obtenu les deux meilleurs scores du canton lors de l’élection du Conseil national, le mois dernier. A la veille du second tour de l’élection au Conseil des Etats, ils expriment ici les raisons de leur confiance en leur collègue Hugues Hiltpold, candidat (avec Béatrice Hirsch, du PDC) de la droite et du centre à la Chambre haute, le 10 novembre.

Simone de Montmollin: «Il est en phase avec les réalités du terrain»

– Vous avez côtoyé Hugues Hiltpold durant la campagne des Fédérales. Quelles sont à votre avis ses qualités et défauts et pourquoi pensez-vous qu’il serait un bon conseiller aux Etats?

– Hugues Hiltpold est une personne fiable et très compétente. C’est un homme de dossiers qui œuvre pour l’intérêt général. Il est doté d’une grande capacité de travail et sa sensibilité, tout comme son entregent, en font une personnalité clef au sein de l’Assemblée fédérale. Sa discrétion et son humilité peuvent parfois être interprétées comme une réserve excessive, ce qui peut le desservir en période de campagne électorale. Celles et ceux qui le connaissent savent pourtant que ce sont là aussi des qualités.

– Votre métier vous rapproche des soucis environnementaux. Pensez-vous que deux élus rose et vert aux Etats ne pourraient pas les défendre? En quoi Hugues Hiltpold serait-il mieux placé?

– Comme entrepreneur, Hugues Hiltpold est aux prises avec les réalités du monde du travail et de l’économie. En tant qu’architecte, il s’est spécialisé dans les rénovations énergétiques des bâtiments. Ses réalisations contribuent concrètement à l’amélioration de l’efficience énergétique et donc de l’environnement. Une transition énergétique et environnementale ne pourra se faire qu’avec l’adhésion de la population et de l’économie. Il est donc primordial de pouvoir compter sur le pragmatisme et la vision d’un chef d’entreprise. Pendant les 12 ans qu’il a passés au Conseil national, Hugues Hiltpold s’est engagé sur de nombreux dossiers en lien avec l’agriculture. Je suis confiante en sa capacité à représenter les particularités propres aux métiers de la terre, car il l’a déjà démontré par le passé.

– Vous avez été fort bien élue sous les couleurs PLR. Pourquoi est-ce important à vos yeux que Genève ait un représentant de cette sensibilité aux Etats?

– Les enjeux du canton pour les prochaines années méritent d’être abordés avec la vision la plus large et représentative de tous les intérêts. Si le duo sortant a pu faire preuve d’une certaine modération, grâce à des personnalités consensuelles, il n’en va pas de même avec le tandem vert-rouge en lice aujourd’hui. Genève ne sortira pas grandi de surenchères dogmatiques. Il est impératif de pouvoir mener une politique constructive dans l’intérêt de tous. Hugues Hiltpold est le candidat expérimenté le plus rassembleur.

– Dans d’autres cantons, les élus fédéraux de gauche comme de droite s’allient pour présenter un front commun lorsque les intérêts locaux sont en cause. Pensez-vous que ce serait possible avec un Hugues Hiltpold aux Etats? Et avec deux représentants de gauche?

– Genève est, avec l’Arc lémanique, le deuxième pôle économique de Suisse. Il est indispensable que cette réalité puisse être entendue à la Chambre haute, qui oriente considérablement les débats. Je suis convaincue que Hugues Hiltpold a toutes les qualités pour jouer ce rôle pivot, grâce à son expérience de négociateur et à sa diplomatie naturelle. Il est clair que pour défendre efficacement les intérêts du canton, une certaine harmonie entre les élus au National et aux Etats serait souhaitable. Si les deux conseillers aux Etats sont de gauche, le risque de polarisation est évident.

– Le Parlement est très fortement marqué par les élus issus du tertiaire. Vous faites partie des conseillers nationaux certes universitaires, mais proches de la terre. Quant à Hugues Hiltpold, c’est un acteur de la construction, et donc du concret. Est-ce important pour vous?

– Oui, la population genevoise doit être représentée par des personnalités en phase avec les réalités du quotidien. Hugues Hiltpold, à la tête d’une PME de 7 collaborateurs, connaît parfaitement les difficultés que peuvent rencontrer les entreprises et les habitants de Genève. En cela nous nous ressemblons: proches du terrain, travailleurs, ancrés dans nos professions respectives. Que ce soit dans la construction ou l’agriculture, nous sommes tous les jours face aux attentes concrètes de la population. Ces dernières sont bien éloignées des considérations théoriques, trop souvent utilisées comme seul argument en politique.

Christian Lüscher: «Le meilleur défenseur de Genève»

– Vous avez une large expérience du National. En quoi est-ce important qu’un homme comme Hugues Hiltpold représente Genève aux Etats?

– Un Conseiller aux États est un peu l’avocat du canton. Il doit donc défendre à Berne les positions de Genève. Or, mieux que quiconque, Hugues représente le centre droit, humaniste et progressiste, soucieux de l’économie comme de l’agriculture, qui est l’ADN de la politique genevoise. Il y a adéquation entre ses positions politiques, consensuelles, et la position genevoise. Nul mieux que lui ne peut donc représenter Genève aux États.

– Quelles sont les relations et les interactions entre élus genevois au Conseil national et au Conseil des Etats?

– Elles sont essentielles. Les deux élus aux États ont le même pouvoir que les douze élus au National! Il est donc capital de fonder un équilibre, une balance, qui permet de travailler ensemble dans les deux Chambres fédérales.

– Quel bilan tirez-vous de la législature, voire des législatures au Conseil national de la députation sortante?

– D’une manière générale, l’aile romande du PLR, à droite sur la fiscalité, les emplois et la sécurité et plus centriste sur les questions de société et d’agriculture, n’a pas à rougir de son bilan, bien au contraire. Hugues a été l’un des moteurs de cette mouvance, notamment grâce à sa position de vice-chef de groupe aux Chambres fédérales.

– Vous avez côtoyé Hugues Hiltpold durant des années. Quel portrait en dressez-vous et quels espoirs placez-vous en lui?

– Hugues a une spécificité: il ne se met jamais en avant et n’élève jamais la voix. C’est aussi sa force et c’est ce qui en fera un sénateur parfait pour Genève. Il est travailleur, rassembleur, avec une ligne politique claire. Il est respecté par les autorités cantonale et fédérales et sera en contact permanent avec le Conseil d’Etat dont il bénéficie de l’estime après douze ans de travail parlementaire à Berne. Nous avons besoin de lui pour défendre le canton dans le domaine fiscal, économique et de la sécurité, autant d’enjeux importants totalement délaissés par la gauche.

– Quels sont les dossiers où une représentation uniquement de gauche aux Etats serait particulièrement dangereuse pour Genève?

– Les candidats de gauche sont très clivants, voire extrémistes parfois. Ils détestent les multinationales et employeurs en général. Ils veulent massacrer la classe moyenne à coup d’impôts supplémentaires (M. Sommaruga vient d’ailleurs de le confirmer). En politique internationale, le candidat socialiste a toujours attaqué frontalement la diplomatie helvétique. Ses attaques, contre Israël notamment, mettent en péril la politique de notre pays. Je rappelle en outre que lors de la dernière session, il a fait entrer au Palais fédéral un djihadiste condamné en Suisse pour terrorisme! Et je n’aborde même pas ici la question des transports privés, contre lesquels les deux candidats de gauche multiplient les offensives. Bref, il est important pour notre canton que Hugues Hiltpold puisse porter à Berne les valeurs d’une Genève forte, rassembleuse et sans excès. Voilà entre autres pourquoi il faut se mobiliser derrière sa candidature.

Propos recueillis par Vincent Naville

 



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