Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

Le monde merveilleux du numérique en classe

Le rapport PISA 2018, paru en décembre 2019, le dit clairement: en Suisse, l’utilisation du numérique par les élèves pendant leurs cours aboutit pour eux à de moins bons résultats scolaires que pour ceux qui ne l’utilisent pas. On peut y apporter les nuances habituelles, la mauvaise foi du DIP, multiplier les excuses, dire que les profs sont incompétents, affirmer qu’on n’a pas assez investi, les constats têtus sont là: écrans en classe et résultats scolaires ne font pas bon ménage.

Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à l’informatique à l’école! La Suisse a beaucoup investi en la matière et une utilisation modérée en classe de cet outil puissant et précieux dans certaines occasions s’avère intéressante. Lorsque les calculettes ont été introduites, il y eut aussi des craintes. Or, on sait aujourd’hui que l’utilisation des calculettes est performante pour les seuls élèves qui savent déjà calculer sans elles! C’est un gain de temps, mais en aucun cas un outil de formation intellectuelle.

Il en va de même avec le numérique en classe. Il est naïf de penser que le numérique va apporter une aide à l’apprentissage de la lecture ou à celui du calcul. L’ordinateur permet des recherches, des liens interactifs, l’accès à des dictionnaires et à des encyclopédies, mais il perturbe la concentration parce que justement il permet de sauter du coq à l’âne: on poursuit une thématique précise et, de fil en aiguille en fonction des renvois, on se balade à mille lieues de la recherche originelle.

Quant à l’apprentissage du codage en classe, c’est une tarte à la crème! Le code informatique est un langage, un langage logique comme il en existe d’autres, réservé aux futurs ingénieurs en programmation et pas aux élèves du primaire ou du Cycle d’orientation! Alors que le rapport PISA 2018 place la Suisse au bas du classement, notamment en lecture, alors que l’illettrisme progresse, l’urgence n’est pas d’initier nos jeunes au codage. Pas besoin d’être Pascal pour le comprendre.



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