Candidat PLR au Conseil administratif

Simon Brandt: «Remettre de l’ordre en Ville de Genève»

– Première question qui s’impose après l’incroyable déploiement policier de l’an dernier contre un élu: comment allez-vous?

– Je vais bien. Je me réjouis de pouvoir de nouveau parler de politique après les événements du vendredi 13 décembre 2019 qui n’ont pas été faciles à vivre pour moi, ma famille et mon entourage. Je souhaiterais d’ailleurs remercier une nouvelle fois les centaines de personnes ayant pris la peine de me contacter directement ou indirectement pour me soutenir. Elles se reconnaîtront.

– Votre priorité en cas d’élection?

– Le déclenchement d’un audit général sur le fonctionnement de la Ville de Genève, cela en partenariat avec la Cour des Comptes. En effet, les frais professionnels du Conseil administratif, les notes de frais excessives de certains hauts fonctionnaires, l’usage abusif des cartes de crédit sous prétexte qu’on les confond ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Il faut faire table rase de ces pratiques et pour ce faire, il est nécessaire d’identifier les problèmes en procédant à un tel audit. Ce que refuse l’actuel Conseil administratif et la plupart des candidats qui y prétendent.

– Comment améliorer le fonctionnement de l’Administration?

– Les nombreux manquements identifiés ne l’ont été que parce que des gens ont eu le courage de les dénoncer, malgré les représailles qu’ils pouvaient craindre de la part de leur hiérarchie. A cet égard, je juge nécessaire de mettre en place un système de lanceurs d’alerte et de transparence au sein de l’Administration. Cela pour mettre fin aux dysfonctionnements avant qu’ils n’aient des conséquences graves. Un véritable système de contrôle interne doit aussi être instauré et les pouvoirs du Contrôle financier renforcés. Chose que j’ai proposé en juin 2018 via le PRD-183.

– Vous proposez aussi la baisse des salaires du Conseil administratif?

– Oui. En juin 2015, je déposais un texte (PRD-104) demandant leur diminution, au motif que les conseillers administratifs étaient mieux payés (255 398 francs annuels) que les membres du Conseil d’Etat du canton. Cette proposition a été refusée par la quasi-totalité des partis politiques, alors qu’il est nécessaire que la classe politique fasse aussi des efforts, vu qu’on en demande beaucoup à la population. Avec le recul, je ne peux que constater que les faits m’ont donné raison, vu l’incompétence manifeste dont certains magistrats municipaux ont fait preuve durant leur mandat. Si je suis élu au Conseil administratif, je proposerais ainsi à mes collègues une baisse de 10% de nos salaires, puisque le Conseil municipal ne souhaite curieusement pas entrer en matière! A titre personnel, je m’engage à verser chaque année un pourcentage de mon salaire à des œuvres caritatives pour les hommes ou les animaux. Ce n’est qu’à ce prix qu’on parviendra à ramener un minimum de confiance envers la classe politique.

– Que proposez-vous en matière d’environnement?

– Je propose la mise en place d’une filière complète de recyclage du plastique, en partenariat avec le secteur privé. La technologie existe, mais les pouvoirs publics trouvent que cela coûterait trop cher. Je prétends pour ma part que la sauvegarde notre planète n’a pas de prix. Il faut donc avoir le courage d’aller de l’avant et d’utiliser la principale ressource naturelle de notre pays, soit la matière grise.

– Vous avez également une proposition phare en matière culturelle?

– Oui. Je rêve d’ouvrir un Musée de la Bande Dessinée, afin de rendre hommage à nos auteurs locaux (Zep, Exem, le pionnier Töppfer, etc.) ainsi que les monstres sacrés que sont Hergé, Jacques Martin, Hugo Pratt ou encore Goscinny et Uderzo, qui ont tous fait passer leurs héros respectifs à Genève ou en Suisse.

– Et en matière de logement?

– La politique menée actuellement par la Gérance immobilière municipale (GIM) correspond à une forme de gentrification inversée, dès lors qu’on en a chassé la classe moyenne au profit d’usagers moins favorisés. Les dégâts sont lourds, avec en outre un règlement de la GIM qui facilite la résiliation des baux, utilisé comme moyen de pression afin que les locataires acceptent de partir. On traite les gens comme de simples dossiers, en oubliant qu’il y a des vies derrière ces numéros.

– Que proposez-vous pour y remédier?

– Je suis partisan de la fusion des régimes existants au sein de la GIM (loyers libres et sociaux) en une seule et unique catégorie, sur le modèle des Habitations Mixtes (HM). Ce faisant, le loyer serait fixé selon la situation financière de chacun, avec l’immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsque leurs revenus dépassent un certain seuil. Ce faisant, nous pourrions créer de la mixité sociale, tout en augmentant les revenus du parc locatif. De même, il faut aussi cesser d’expulser les personnes à l’AVS, qui ne doivent pas perdre leurs repères personnels. Je veux aussi mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements est une partie de la solution, l’échange d’appartements en est une autre.

– Quid de l’entretien du parc immobilier?

– Le déficit d’entretien actuel des immeubles de la GIM est problématique, car il entraîne l’existence d’une dette cachée, vu qu’il faudra bien finir par rénover ceux-ci. Il amène donc un coût écologique, énergétique et aussi financier pour la Ville. Les bâtiments ne sont de loin pas aux normes de durabilité. Il existe pourtant des outils ad hoc, tels que le Fonds pour le logement d’utilité publique, le bonus à la rénovation (art. 17 LDTR) ou encore le bonus conjoncturel à l’énergie (art. 15A LEn). Il suffit juste d’avoir la volonté de les utiliser, plutôt que de reporter ce problème sur les générations futures.

– Et en matière d’aménagement?

– La priorité absolue est de revoir le Plan d’utilisation du sol (PUS). Pour cette raison, j’ai déposé au Conseil municipal (PRD-168) un projet visant à assouplir celui-ci. Soit d’introduire une possibilité de réversibilité dans certaines situations, vu qu’aujourd’hui, un changement d’affectation ne peut avoir lieu qu’une seule et unique fois. Cela offrirait une vision à plus long terme et permettrait de s’adapter aux besoins des quartiers, en perpétuelle évolution. L’animation et l’attractivité des quartiers, voulues par les PUS, ressortiraient ainsi renforcées. Je propose aussi d’aménager une plage publique en continuité de l’actuel quai Wilson, vu le succès de celle inaugurée aux Eaux-Vives.

– Quelle est votre vision en matière d’urbanisme?

– La politique actuelle menée par des magistrats de gauche depuis 25 ans doit cesser. Je veux dire par là que nous devons privilégier la qualité de vie de nos citoyens, plutôt que de construire à tour de bras. Je défends une vision de construire à taille humaine et le respect de l’identité des quartiers. Ainsi que maintenir, mais aussi augmenter les zones vertes et les poumons de verdure que peut constituer la zone villas.

– Avez-vous aussi un plan B pour la nouvelle patinoire?

– Oui. Je me bats depuis dix ans pour ce projet et vois les promesses se succéder sans que rien ne se réalise. En cas d’échec du projet au Trèfle-Blanc, je propose ainsi de réaliser la nouvelle patinoire sur le site de la Voirie, adjacent à l’actuelle surface de glace des Vernets. Les avantages sont nombreux (terrains publics, absence de voisinage, mutualisation des coûts de fonctionnement) et cela permettrait de rester dans le périmètre historique. Surtout, on irait bien plus vite que le délai de 2028 annoncé jusqu’alors. J’en ferai une priorité en cas d’élection.

– Un dernier mot pour conclure?

– Je ne supporte pas l’injustice sous toutes ses formes et me suis toujours battu contre celle-ci. Et même si je ne pensais pas en vivre une aussi flagrante dans le cadre de ma vie personnelle et politique, je continuerai à me battre pour remettre de l’ordre en Ville de Genève.

Propos recueillis par Vincent Naville

 



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