Déjeuner-Débat à Onex

Requalifier les espaces collectifs pour un meilleur cadre de vie

Organisés tous les deux ans par la Ville d’Onex, les déjeuners-débats des acteurs de l’immobilier ont pour but de favoriser la discussion autour de problématiques actuelles. S’adressant tout particulièrement aux propriétaires et gestionnaires d’immeubles collectifs, la 6e édition, qui s’est tenue fin novembre au Manège d’Onex, a permis d’aborder la question des espaces extérieurs. Leur requalification permet d’optimiser la qualité de vie des usagers, tout en valorisant le patrimoine immobilier.

La Cité d’Onex fait partie des grands ensembles construits dans les années 1960-70 à Genève. Elle comprend de vastes espaces collectifs entre les immeubles, offrant de belles perspectives visuelles sur le grand paysage. Cependant, ces espaces non bâtis manquent souvent de mobilier ou d’aménagements paysagers qui favorisent la rencontre et répondent au besoin de nature des habitants. Selon la Maire d’Onex Ruth Bänziger, en charge de l’Urbanisme et du Développement durable, «les espaces collectifs (se trouvant sur le domaine privé) pourraient être davantage animés, avec des éléments simples n’exigeant pas forcément de gros investissements». La vie sociale, l’esthétique de l’ensemble immobilier, l’accueil de la biodiversité et la lutte contre les îlots de chaleur s’en trouveraient améliorés. Il suffit parfois d’installer un banc, un espace de jeux, de la végétation, un point d’eau, un cheminement piétonnier pour transformer un lieu et contribuer à le rendre plus attrayant. La Maire d’Onex encourage les synergies entre commune et propriétaires. «Nous proposerons prochainement aux acteurs de l’immobilier une Charte à laquelle ils pourront adhérer et qui comprendra des objectifs visant à améliorer la qualité des espaces extérieurs», confie-t-elle.

Dans l’intérêt de tous

«Dans un contexte où l’individualisme tend à s’accentuer, comment faire en sorte que les espaces collectifs des immeubles deviennent des lieux de rencontres et de sociabilisation?», s’interroge Yannos Ioannides, directeur de la division Etudes & Développements au Comptoir Immobilier. En collaborant régulièrement avec les communes, notamment pour de grands projets, son service a une expérience avérée des partenariats privés-publics. Dans le cas des Communaux d’Ambilly, trois acteurs fonciers (Etat, Commune, opérateurs privés) sont impliqués. Yannos Ioannides évoque les avantages du processus de co-conception: ce système de gouvernance – recourant notamment aux ateliers de discussion – permet de dégager une culture commune de projet. Tissus bâti et non bâti ont la même importance, l’un ne va pas sans l’autre. Plan paysager et projet urbain sont à élaborer en parallèle. «La végétation est une matière vivante, qui se renouvelle et se transforme au cours du temps; a contrario, l’architecture est beaucoup plus ‘figée’ et les erreurs commises restent pour de nombreuses décennies», relève le responsable du Comptoir Immobilier.

Rolf Haidinger, architecte associé chez Thinka Architecture Studio (Onex), souligne à quel point valoriser les espaces collectifs peut représenter un gain, à la fois pour le privé et la collectivité. Que faire du terrain situé devant l’immeuble de la Coopérative «Cité heureuse» à Onex et répondre au besoin de parkings? Le bureau d’architectes Thinka a été chargé de définir des axes d’intervention. «Très vite nous est venue l’idée de renvoyer les voitures en souterrain par le biais d’une rampe d’accès existante, propriété de la commune, explique Rolf Haidinger. En contrepartie, le parc réaménagé s’ouvrira au public». La Coopérative est prête à offrir un parc relié au tissu urbain existant. Les copropriétaires financent les travaux d’aménagement, alors que la commune se charge des entretiens. Un petit secteur privatif sera maintenu et dévolu aux coopérateurs de l’immeuble, avec l’installation de potagers urbains. Enfin, un partage d’expertise est effectué, la collectivité apportant une vision globale de son territoire, par le biais de conseils en termes de mobilier, de stationnement pour vélos et d’éclairage public. Ces partenariats gagnant-gagnant ont par ailleurs l’avantage de créer des «coutures» physiques entre le domaine communal et le domaine privé.

A court terme, la revalorisation des espaces extérieurs représente un coût pour les propriétaires. Mais sur le long terme, la transformation de ces espaces en lieux de vie, d’échanges et de biodiversité apporte certainement une plus-value (financière, image, attractivité, etc.) au patrimoine immobilier.

Véronique Stein

 



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