A Vernier: l’émergence d’une liste indépendante

Vernier, deuxième ville du canton, a connu divers soubresauts électoraux. Le MCG, éjecté de l’Exécutif communal, jadis, par une alliance de la carpe et du lapin – libérale-socialiste – compte bien revenir aux affaires en conquérant un siège au Conseil administratif. En travers de son chemin, de nombreux autres candidats, dont ceux de la nouvelle liste Alternative Vernier, créée «en réaction à des partis traditionnels, qui voient Vernier comme un tremplin pour des politiciens en devenir ou un pis-aller pour des politiciens en fin de carrière». Rencontre avec François Ambrosio, candidat au Conseil administratif.

– Vous avez présidé le Conseil municipal sous les couleurs du MCG, avant de démissionner et de cofonder l’Alternative Vernier. Quel bilan tirez-vous de votre expérience?

– Grâce à ma fonction de président du Conseil municipal, j’ai rencontré de nombreuses associations dont les membres, des habitants qui se mettent bénévolement à la disposition de la communauté, contribuent très largement à la cohésion sociale à Vernier. Notre Ville a besoin de ces personnes. Sur le plan politique, j’ai pu gagner confiance de l’ensemble des partis politiques représentés au Conseil municipal et qui m’ont élu à l’unanimité. Cela a été une grande fierté pour moi et m’a permis de réaliser que derrière l’adversaire que l’on a tendance à stigmatiser lorsque l’on se confronte dans un débat, il y a en réalité une femme ou un homme qui, au-delà des combats idéologiques souvent stériles, recherche réellement le meilleur pour ses concitoyens.

– Quels sont les principaux enjeux pour Vernier, ces prochaines années?

– Ma réponse sera simple: Vernier doit se débarrasser de ses principales nuisances, qui font en sorte qu’elle est maintenant considérée comme une Commune de transit routier et d’entrepôt pour les activités les plus polluantes du canton et que personne ne veut sur son sol!

– Quels sont vos objectifs en matière de culture et de sport?

– Développer une culture participative et accessible à tous. Il est important également de maintenir les offres culturelles dont l’intérêt dépasse les frontières de la Commune, sans pour autant plomber le budget d’autres activités ou subventions nécessaires au bien-être de la communauté. Pour le sport, au-delà des activités institutionnalisées telles que les clubs de football, basket ou autres, nécessaires pour valoriser les performances de leurs membres en leurs donnant l’accès aux des compétition cantonales, voire nationales, il serait judicieux de mettre à dispositions des places de sport accessibles à tout un chacun et qui ne soient pas utilisées pour l’entraînement des équipes des clubs ou des associations. Concrètement, des copains qui souhaiteraient faire un petit match de handball pour se défouler auraient à disposition dans leur quartier une place dédiée et gratuite, à l’instar des aménagements pour skateboard.

– Vernier a une forte proportion d’étrangers, ainsi que de foyers à revenus modestes. Que comptez-vous faire en matière d’aide sociale et d’intégration?

– En 2020, le part du social dans le budget de notre Ville représente près de 30%. C’est dire si Vernier est attentive aux problèmes rencontrés par une partie de ses habitants. Toutefois, il convient, aussi dans ce domaine, d’en optimiser le fonctionnement afin d’éviter les doublons qui trop souvent péjorent l’efficacité globale des services concernés. Ayant toujours fait partie de la Commissions sociale de la Commune et membre depuis 2019 du Conseil d’administration de l’Hospice général, j’ai pu me rendre compte de l’importance qu’il y avait à distinguer l’action sociale dans sa globalité et celle de proximité. C’est sur cette dernière que la Commune doit essentiellement se concentrer et si besoin faire le relais entre le demandeur et les instances telles que l’Hospice général ou le SPC (service des prestations complémentaires). Il ne doit pas y avoir de compétition entre tous ces services, au risque de péjorer la situation de la personne en difficulté et de gaspiller de l’argent public. Je pense également que les formalités doivent être plus simples. Et comme pour assurer le social, il faut que l’économie soit saine, je suis convaincu qu’il faut favoriser une économie de proximité qui fasse appel aux ressource humaines locales. On diminuera ainsi les flux de trafic provoqué par les mouvements pendulaires qui croissent de jour en jour et qui proviennent de régions de plus en plus éloignées. A cet égard, les transports publics et la mobilité douce doivent parallèlement être résolument promus.

– Pourquoi avez-vous démissionné du MCG?

– La principale raison est que je croyais, au moment où ce parti est venu me chercher pour entrer au Conseil municipal par manque de «viennent-ensuite», que le MCG était le mieux placé pour défendre les citoyens sur le plan cantonal, communal, voire épisodiquement fédéral. Or j’ai malheureusement dû déchanter lorsque les élections 2020 s’approchant, comme je prenais de plus en plus de place dans le microcosme politique de la Commune, un certain personnage s’est senti menacé dans son désir d’accéder à la Mairie et a commencé à saborder ce que mes collègues d’alors et moi-même avions construit petit à petit, à savoir la possibilité pour le groupe de faire adopter par les autres partis des projets intéressants pour la population. Alerté par un collègue et moi-même, le Bureau directeur du MCG a fait la sourde oreille et évoqué de notre part des «problèmes d’ego». Nous en avons tiré les conclusions qui s’imposaient.

– Vous êtes trois de l’Alternative Vernier à viser le Conseil administratif. Quelles sont vos chances? 

– Durant ce début de campagne nous nous sommes aperçus que nous représentions un réel besoin pour Vernier; notre association se compose de toutes les tendances politiques de la Commune, tout en étant débarrassée des dogmatismes exacerbés de chacun de nos partis d’origine, dogmatismes qui bien souvent empêchent la mise en œuvre de projets nécessaires pour le bien-vivre à Vernier. Nos candidats au Municipal ont entre 20 et 70 ans, c’est vous dire la diversité de notre liste! Pour l’Exécutif, mon vœu le plus cher serait que nous puissions accéder les trois à la Mairie car, de par nos différentes caractéristiques, nous formons une équipe efficace et à l’écoute de l’ensemble de la population. En ce qui me concerne, Verniolan depuis 1967, je suis entré en politique au Conseil municipal en 1989, raison pour laquelle je me sens parfaitement prêt à assumer les responsabilités d’un Conseiller administratif.

Propos recueillis par Viviane Scaramiglia

 



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