SAMI KANAAN, CONSEILLER ADMINISTRATIF, CANDIDAT PS A L’EXECUTIF DE LA VILLE DE GENEVE

«Genève doit sortir des postures politiques et se réunir autour de ses besoins»

Seul magistrat sortant à se représenter, candidat pour une troisième législature, Sami Kanaan, en charge de la Culture et des Sports, entend poursuivre sa forte dynamique sur les deux volets. Il soutient une économie diversifiée et créative, ainsi que qu’un concept de qualité pour construire la ville en ville.

–  Quel bilan tirez-vous de votre mandat à ce jour?

– Je me suis engagé activement pour insuffler un nouveau dynamisme à la scène culturelle genevoise, notamment par des infrastructures de qualité, comme le Musée d’ethnographie, même vanté par le «New York Times»! De même, nous verrons cette année émerger deux nouvelles institutions, la nouvelle Comédie et le Pavillon de la danse, qui changeront totalement le paysage culturel de Genève. Notre Ville peut être fière de son rayonnement, de sa renommée, et la culture doit porter cette fierté. Nous travaillons d’ailleurs avec Genève Tourisme en ce sens. Mais cela ne signifie pas qu’il faille négliger la dimension locale, bien au contraire! Comme pour le MEG ou l’Ariana, l’engagement citoyen, auprès des habitantes et habitants, est une nécessité pour pouvoir être reconnu au-delà. Et cela se construit sur la diversité et les partenariats.

– Et en matière de sport?

– Des investissements substantiels, avec des nouveaux centres sportifs enfin sur les rails (le dernier remonte à 1990, alors que les besoins ont largement augmenté) et des manifestations qui cartonnent, comme le Marathon, la Course de l’Escalade ou le Triathlon, ainsi que le soutien aux nombreux clubs et fédérations.

– Vos objectifs culturels?

– Je tiens à faire aboutir un projet rassembleur et pertinent pour le Musée d’art et d’histoire qui est à bout de souffle, alors qu’il devrait être le vaisseau amiral des musées genevois, de par ses collections et son histoire. Nous avons donc tout repris à zéro, en associant les bons partenaires. Un crédit de pré-étude a été voté à l’unanimité du Conseil municipal. Un signal fort et encourageant!

– Vos projets dans le domaine du sport? 

– Le plan d’investissement: un nouveau Centre sportif aux Eaux-Vives, un véritable Parc des sports aux Vernets-Queue d’Arve, avec notamment une salle de 3500 places pour les Lions de Genève, club de basket champion suisse. Mais aussi un Centre des sports de raquettes à la route de Vernier et une Maison du sport pour mieux soutenir les associations, de même qu’une refonte complète du Centre sportif du Bout-du-Monde.

– Comment vous interpellent les questions d’aide sociale et du bien-vivre ensemble? 

– Ce n’est pas un dicastère qui relève de ma responsabilité, mais vous avez raison de le souligner, car je suis convaincu que la culture et le sport doivent jouer un rôle en la matière. Ils y participent activement et plus encore depuis mon arrivée à la tête du Département. Rapprocher les gens et les impliquer contribue à une qualité de vie partagée.

– Pourquoi estimez-vous nécessaire de «redonner à la Ville une vision constructive», après deux législatures marquées au Conseil municipal par la droite? 

– Il me semble en tous cas impératif de retrouver une capacité à travailler ensemble. Sortir des silos et des postures politiques stériles et se rappeler de la responsabilité collective que nous avons vis-à-vis de la population. J’espère que nous arriverons à nous inspirer un peu plus de l’esprit de concordance d’inspiration helvétique…

– On connaît votre sensibilité verte. Quid du développement durable? 

– J’y tiens beaucoup et j’ai tenu à mettre en place une démarche environnementale propre à mon Département, sans attendre l’ensemble du Conseil administratif. Nous devons en effet nous questionner sur chacune de nos actions. Non pas pour nous culpabiliser, mais pour trouver des solutions durables, des manières nouvelles de fonctionner. Comme le dit le Genevois prix Nobel de physique Michel Mayor: «Nous n’avons pas de planète B».

– Et en ce qui concerne l’aménagement du territoire? 

– Nous devons cesser les polémiques et trouver des solutions pragmatiques. Je pense que nous devons construire la ville en ville, pour limiter les nuisances liées aux transports. La qualité passe par des aménagements où la nature a toute sa place et par des équipements publics (culture, sport, espaces publics…) intégrés dès le départ des plans d’aménagement et non ajoutés comme des cerises trop petites sur un gâteau déjà encombré.

– Comment inciter à la mobilité douce? 

– On ne pourra pas élargir les rues pour ajouter des voies dédiées à l’automobile. Je suis convaincu que les gens qui prennent leur voiture ne le font pas simplement parce qu’ils n’aiment pas les transports publics. Si on propose de véritables alternatives aussi efficaces, voire même plus efficaces, les gens les utilisent. C’est pareil pour les aménagements piétonniers et cyclables, pas encore assez performants. Je serais favorable à des outils financiers incitatifs pour soutenir la transition personnelle et collective en matière de mobilité.

– Comment dynamiser le tissu économique?

– Le diversifier! Je pense bien évidemment à l’économie créative, dont une étude que j’avais commandée en 2017 a largement démontré non seulement le poids, mais aussi la capacité de dynamisation de toute l’économie. Il faut impérativement trouver une solution pour que les loyers des surfaces commerciales baissent enfin, afin de les rendre accessibles aux entreprises locales, et faciliter les synergies afin de «relocaliser» les achats effectués sur le Net.

 – Quel est le poids de votre engagement dans les propositions du budget 2020? 

– L’établissement d’un budget est un acte collégial. Pour ma part, j’ai pu faire reconnaître par l’Exécutif, puis par le Conseil Municipal, les besoins d’ouvrir dans les temps la nouvelle Comédie, ainsi que soutenir d’autres acteurs culturels, comme Antigel, le théâtre Am Stram Gram, les Cinémas du Grütli, le MAMCO, ou encore l’ouverture de deux soirs au public de la piscine de Varembé et le soutien au sport féminin.

– Vos chances d’être réélu, suite, comme vous le déclarez vous-même, à «la crise des notes de frais qui a occulté le bilan très positif de l’Exécutif de gauche»? 

– La Cour des comptes ne m’a rien reproché sur mes frais, de même que le Ministère public. J’ai travaillé d’arrache-pied comme Maire à l’époque pour gérer cette crise, assurer la continuité de l’institution et initier rapidement des réformes pour changer le système. Partant, j’ai l’expérience qu’il faut pour poursuivre le changement et éviter ces écueils.

– Les atouts du ticket du PS Ville de Genève?

– Un ticket paritaire de gauche avec Christina Kitsos, complémentaire, compétent, engagé, responsable.

Propos recueillis par Viviane Scaramiglia

 



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