Entretien avec Simon Brandt

«Remettre la Ville de Genève sur les bons rails»

Alors que la campagne municipale bat son plein depuis plusieurs semaines, force est de constater que le candidat PLR au Conseil administratif Simon Brandt a le programme le plus complet du lot pour ramener la sérénité en Ville de Genève. Innocenté des accusations lui ayant valu en décembre dernier une arrestation digne des films de Costa-Gavras, il mène le combat avec énergie et engrange de nombreux soutiens de citoyens souhaitant un retour à l’éthique dans le gouvernement de la Ville. Il nous a précisé ses vues en matière de logement, d’aménagement et de sécurité.

– Votre slogan est «une nouvelle ère en Ville de Genève», que signifie-t-il?

– Je souhaite amener une nouvelle manière de faire de la politique. Et faire tabula rasa des pratiques que nous connaissons depuis trop longtemps. Par exemple en matière d’urbanisme, où nous devons privilégier la qualité de vie de nos citoyens, plutôt que de construire à tour de bras. Je défends la vision de bâtir à taille humaine et de respecter l’identité des quartiers. Je souhaite aussi maintenir, voire augmenter les zones vertes et les poumons de verdure que peut constituer la zone villas. C’est le dernier moment pour le faire avant son extinction.

– Et pour l’important bailleur qu’est la Gérance Immobilière Municipale (GIM)?

– Je suis partisan de la fusion des régimes existants au sein de la GIM (loyers libres et sociaux) en une seule et unique catégorie, sur le modèle des Habitations Mixtes (HM). Ce faisant, le loyer serait fixé selon la situation financière de chacun, avec l’immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsque leurs revenus dépassent un certain seuil. Ce faisant, nous pourrions créer de la mixité sociale, tout en augmentant les revenus du parc locatif. De même, nous devons aussi cesser d’expulser les personnes à l’AVS, qui ne doivent pas perdre leurs repères personnels. Il faut aussi mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. Sur ce point, la facilitation de la transformation de bureaux en logements est une solution, l’échange d’appartements en est une autre.

– Quid de l’entretien du parc immobilier?

– Le déficit d’entretien actuel des immeubles de la GIM est problématique, car il entraîne l’existence d’une dette cachée, vu qu’il faudra bien finir par les rénover. Il amène donc un coût écologique, énergétique et aussi financier pour la Ville. Les bâtiments ne sont de loin pas aux normes de durabilité. Il existe pourtant des outils ad hoc, tels que le Fonds pour le logement d’utilité publique, le bonus à la rénovation (art. 17 LDTR) ou encore le bonus conjoncturel à l’énergie (art. 15A LEn). Il suffit juste d’avoir la volonté de les utiliser, plutôt que de reporter ce problème sur les générations futures. Au surplus, je propose de profiter des taux d’intérêts négatifs pour lancer l’émission d’obligations vertes (green bonds), qui permettront de financer la rénovation dudit parc.

– Et en matière d’aménagement?

–  La priorité absolue est de revoir le Plan d’utilisation du sol (PUS). Pour cette raison, j’ai déposé au Conseil municipal (PRD-168) un projet visant à assouplir celui-ci. Soit d’introduire une possibilité de réversibilité dans certaines situations, vu qu’aujourd’hui, un changement d’affectation ne peut avoir lieu qu’une seule et unique fois. Cela offrirait une vision à plus long terme et permettrait de s’adapter aux besoins des quartiers, en perpétuelle évolution. L’animation et l’attractivité des quartiers, voulues par les PUS, ressortiraient ainsi renforcées. Je propose aussi d’aménager une plage publique en continuité de l’actuel quai Wilson, vu le succès de celle inaugurée aux Eaux-Vives.

– Que proposez-vous en matière de sécurité?

– Je préconise la mise en place d’une police coordonnée avec le Canton. Ce qui permettrait aux agents de la police municipale (APM) de reprendre la totalité des missions de proximité et de libérer des policiers cantonaux afin de renforcer police-secours. Dans le même temps, on devra reprendre de fond en comble le catalogue des missions de la police municipale et déterminer les besoins de formation (brevet fédéral de policier) et d’équipement (arme à feu) pour mener au mieux celles-ci.

– Que permettrait une telle réforme?

– Tout d’abord de libérer des effectifs supplémentaires. Si j’étais en charge de la police municipale, je ferais aussi occuper davantage le terrain par une présence accrue de patrouilles dans les secteurs sensibles, comme la Jonction ou les Pâquis, afin de mieux lutter contre le deal de rue C’est juste une question de volonté politique et de hiérarchisation des priorités. Et cette volonté, je l’ai.

– Vous avez des propositions pour la sécurité des seniors?

– Je propose d’affecter des îlotiers spécifiques pour les seniors, qui feraient notamment le lien avec les clubs d’aînés, ainsi que de veiller davantage à la sécurisation de la voirie. La place des vélos et des trottinettes est sur les pistes cyclables, par sur les trottoirs où ils mettent en danger les piétons et peuvent causer des accidents lourds de conséquences.

– Vous proposez aussi de favoriser le rapprochement entre les seniors et leurs familles?

– Oui. L’idée provient d’un de mes colistiers au Conseil municipal, Kevin Schmid, et consiste à prioriser les seniors ayant leurs familles en Ville de Genève dans l’attribution des places en EMS. Ceci afin de leur permettre de garder un lien avec leurs proches. Le maintien du lien social est une priorité.

– Vous critiquez une déperdition de notre identité au profit d’une certaine idéologie?

– Que ce soit la disparition du terme de Promotions pour celui de «fête des écoles» ou l’absence du drapeau national aux festivités du 1er août, force est de constater que l’actuel Conseil administratif semble avoir un problème avec notre patrimoine et notre identité. Je peux ainsi vous garantir que nos couleurs nationales seront bien présentes si je devais organiser la fête du 1er aout en tant que Maire de la Ville de Genève.

– Que pensez-vous de la féminisation des panneaux de signalisation et de la débaptisation des noms de rues au profit de personnalités féminines?

– Je trouve cela inutile et dispendieux. La priorité des Autorités municipales doit être d’assurer la propreté des rues, la sécurité dans nos quartiers et de trouver des solutions concrètes aux problèmes du quotidien. Pas de créer des problèmes là où il n’y en a pas.

– Quelques autres raisons de voter pour vous?

– Parce que je dispose d’une empreinte écologique inférieure de 50% à la moyenne suisse! Blague à part, je souhaite être un magistrat à l’écoute des gens. Je réponds toujours aux courriels que je reçois et pense que c’est en résolvant les problèmes qu’on avance. Pas en les cachant. Et à ceux qui hésitent encore de voter pour moi, je leur pose la question suivante: vivez-vous mieux à Genève aujourd’hui qu’il a 10 ou 20 ans? Si la réponse est non, vous avez tout à gagner à voter pour moi, car je prétends justement faire les choses différemment.

Propos recueillis par Vincent Naville

 



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