Simon Brandt, meilleure chance du centre-droit

Arrivé en cinquième position au premier tour, le candidat du PLR au Conseil administratif de la Ville talonne les deux socialistes et les deux Verts. Il se présente seul, le PDC ayant refusé une liste de droite qui aurait rassemblé PLR, PDC, UDC, MCG et Verts libéraux. La candidate démo-chrétienne Marie Barbey-Chappuis est arrivée en sixième position.

– Comment jugez-vous votre résultat au premier tour des élections en Ville?

– Il est sans fausse modestie excellent. Avec 10 932 voix, je fais un score largement supérieur à ceux obtenus par les candidats du PLR dans la Commune de Genève lors des derniers scrutins majoritaires. Je me réjouis ainsi d’avoir pu rassembler au-delà du seul électorat de mon parti et me félicite que mon parti ait maintenu ses positions au Conseil municipal malgré les 10 sièges supplémentaires obtenus par les Verts. Une chose est claire, le PLR Ville de Genève doit être représenté au Conseil administratif, vu qu’il est de loin le plus grand parti après le bloc rose-vert.

– Pourquoi les partis n’appartenant pas à la gauche ne se rassemblent-ils pas?

– C’est effectivement incompréhensible. Nous avions une occasion unique de conquérir un second siège au Conseil administratif de la Ville de Genève. Pour cela, il suffisait simplement de poursuivre le programme commun PLR-PDC-UDC-MCG que nos différents partis ont signé en 2015 et de nous soutenir mutuellement. Je ne peux ainsi que regretter que certains préfèrent la conservation de leurs acquis à l’envie de rééquilibrer le pouvoir. Avec la crise sanitaire que nous vivons actuellement, nous devrions travailler tous ensemble, plutôt que nous diviser.

– Justement. Comment réagissez-vous à la situation? Avez-vous des propositions?

– Il ne faut pas se le cacher, la situation est grave. Car si le Covid-19 semble être bénin dans la majorité des cas, c’est bien pour protéger les personnes à risque (seniors, malades chroniques, etc.) que les mesures de confinement ont été prises. A cet égard, afin de permettre aux plus vulnérables de faire leurs achats alimentaires en toute sécurité, je jugerais adéquat de leur réserver chaque jour une plage horaire pour faire leurs courses. On diminuerait ainsi l’anxiété et on tuerait dans l’œuf l’une des dernières sources possibles de propagation en protégeant les personnes à risque des porteurs asymptomatiques. Car c’est justement ce mélange des populations et des générations qui permet au virus de circuler et a abouti à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

– Quel rôle pourra jouer la Ville de Genève?

– D’ici peu, la Protection civile, les pompiers du Service d’incendie et de secours (SIS), ainsi que les agents de la Police municipale, vont avoir un rôle grandissant pour venir en soutien aux différents services d’urgence cantonaux. Et la coordination des ressources entre les échelons fédéral, cantonal et municipal sera capitale. En cas d’élection au Conseil administratif, je revendiquerai le Département de l’environnement urbain et de la sécurité, qui chapeaute ces services, pour agir de façon concrète sur la gestion de cette crise. Je mettrais alors toute mon énergie pour protéger et aider notre collectivité à surmonter la terrible épreuve que nous traversons.

– Que peut-on faire pour faciliter le confinement demandé?

– Nous pourrions mettre en place un système de livraison des courses à domicile, afin de diminuer encore les sorties. En particulier pour les personnes à risque, qui sont parfois isolées. Dans tous les cas, nous ne devons laisser personne sur le bord de la route et devons mettre tous les moyens nécessaires à ce que les choses reviennent dans l’ordre le plus vite possible.

– Que proposez-vous pour soutenir les entreprises touchées?

– Si les mesures de soutien à l’économie prises par le Conseil fédéral et le Conseil d’Etat vont dans le bon sens, je pense qu’on doit faire davantage. Et que ces mesures doivent également être accompagnées d’un geste des Communes. Je préconise ainsi que la Ville de Genève suspende toutes les taxes municipales (professionnelles, domaine public, etc.) jusqu’à la fin de la crise et fasse office d’organisme de caution pour payer les loyers et les salaires si besoin. Nous allons aussi devoir accepter des déficits budgétaires dans le futur, pour financer les nécessaires mesures de relance et de soutien qui ne manqueront pas d’arriver.

– Vous êtes le seul candidat à avoir un programme en faveur des animaux. Un lien avec cette crise?

– Oui. Car cette question est plus d’actualité que jamais. On ne rappellera ainsi jamais assez que le Covid-19 résulte de l’exploitation et de la maltraitance d’animaux par la Chine, qui entasse des animaux sauvages de diverses espèces dans des cages et des marchés insalubres. Nous devons réfléchir profondément à notre rapport au règne animal si nous ne voulons pas revivre à moyen terme une nouvelle crise de cette ampleur. Les précédentes épidémies (MERS, SRAS, etc.) nous le démontrent: que ce soit l’élevage intensif, la déforestation ou la consommation d’animaux sauvages, nous devons repenser notre relation avec le règne animal. La Ville de Genève a un rôle à jouer en la matière, en tant que siège des Organisations internationales et temple des principes et des lois internationales; notre Cité pourrait ainsi devenir le berceau d’une Convention du bien-être animal.

– Quelle serait votre priorité en cas d’élection au Conseil administratif?

– Plus que jamais, la priorité des pouvoirs publics n’est pas de féminiser des noms de rues ou nos panneaux de signalisation. Le symbolique doit faire place au concret. Nous devons prendre des mesures pour améliorer la qualité de vie et trouver des solutions à la crise actuelle. Je ne veux pas devenir conseiller administratif pour faire de l’idéologie, mais bien pour améliorer notre quotidien par une action concrète et réfléchie. Et souligner que nous ne devons pas gouverner selon un clivage gauche/droite, tant notre seul objectif doit être de bien faire fonctionner notre Cité.

– On entend rarement cela. Vous êtes atypique pour un homme politique.

– Je pense l’être tout court. En effet, je n’aime pas voyager, je ne m’intéresse à l’argent que dans la mesure où il me permet de vivre et me remets constamment en question. A cet égard, je pense que la crise que nous vivons doit nous amener à réfléchir profondément sur nos fondamentaux, que ce soit notre modèle économique ou encore le fonctionnement de notre société en général.

– Pour conclure, une bonne raison de voter pour vous?

– Je veux représenter l’électorat de droite et de centre-droit, qui représente 45% de celui de la Ville de Genève. Et je pense être le mieux placé pour cela, au vu de mon expérience et de ma sensibilité qui permettent d’apprécier les choses différemment, avec mesure.

Propos recueillis par François Berset

 



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