Fondation des parkings

Des solutions pour améliorer la fluidité du trafic à Genève

Les parkings de notre canton bénéficieront dès cette année d’une nouvelle politique tarifaire. Ses objectifs: favoriser le transfert modal des pendulaires, rendre le stationnement horaire en ouvrage plus attractif, offrir des solutions avantageuses aux habitants et, ainsi, libérer de la place sur la voie publique pour les professionnels et le stationnement de courte durée. Damien Zuber, directeur général de la Fondation des parkings, répond à nos questions.

– Qu’est-ce qui a conduit la Fondation des parkings à repenser sa politique de stationnement?

– Nous souhaitons, dans la lignée de la législation cantonale en la matière, diminuer la congestion du trafic automobile aux heures de pointe en encourageant les pendulaires à renoncer à leur voiture deux à trois jours par semaine; le télétravail, le covoiturage et les transports publics sont des options judicieuses. Le Léman Express offre notamment une alternative intéressante à la voiture: plus de 80% des habitants et des activités de notre région se trouvent à proximité immédiate d’une de ses gares.

– Comment comptez-vous accompagner ce transfert modal?

– L’abonnement pendulaire permanent, qui permet de stationner de manière illimitée à un prix fixe, doit devenir moins attractif. Il faut que les personnes qui décident de laisser leur véhicule à domicile certains jours de la semaine y voient un avantage. Dans le futur, elles paieront à l’usage et non selon un abonnement forfaitaire: avec cette solution, chacun se posera la question de la nécessité de prendre sa propre voiture. Dans les parkings contrôlés par le Canton dans le centre et l’hyper-centre (7700 places concernées), les contrats de pendulaires seront résiliés dès 2021, sauf dans des cas particuliers. L’Etat de Genève souhaite en effet être exemplaire en matière de mobilité en stimulant les employés à se rendre au travail par d’autres moyens de transport qu’au volant de leur voiture individuelle. Notez que les abonnements dans les P+R ne sont pas concernés par ces mesures.

– Quelles seront les conséquences de la nouvelle politique tarifaire?

– Les routes devraient devenir plus accessibles à ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture (transport professionnel, artisans, livraisons, mobilité réduite, soins à domicile, etc.). Le stationnement de courte durée, en particulier pour les achats, sera également privilégié, contribuant à dynamiser l’activité économique. Des emplacements seront libérés dans les parkings en ouvrage; les habitants qui stationnent généralement sur la voie publique pourront y accéder, ce qui libérera de l’espace en surface (voitures ventouses en particulier). Selon cette perspective, nous avons baissé le prix des abonnements «habitants» dans des parkings tels que celui de l’Hôtel des finances ou d’Uni-Mail (CHF 150.-/mois, plutôt que près de CHF 200.-/mois). En outre, les tarifs de stationnement pour un jour complet seront plafonnés à CHF 24.- (CHF 35.- auparavant pour 10 heures). Dans plusieurs parkings, un prix «longue durée» plus attrayant encore sera proposé dès le 2e jour (CHF 6.-/jour). Pour un visiteur ou un touriste, laisser sa voiture en sous-sol et se déplacer autrement pendant toute la durée de son séjour deviendra donc une excellente idée.

– Une mesure déjà effective aujourd’hui consiste à réduire les tarifs «visiteurs» en journée, en proposant un prix linéaire plutôt que progressif. En quoi cela consiste-t-il?

– Dans huit grands parkings situés en ville, le tarif est désormais de CHF 2.-/heure, soit CHF 20.-/10 heures. Cela devrait éviter à ceux qui voulaient faire des économies de sortir leur voiture dans le trafic pendant la pause pour la réintégrer en sous-sol un peu plus tard. Le tarif sera même inférieur en périphérie (CHF 1.-/heure, soit CHF 10.-/10 heures), dans des parkings tels que Sous-Moulin, Moillesulaz ou la gare de Chêne-Bourg. Une incitation supplémentaire à ne pas contribuer à la congestion du centre-ville !

– De nombreux parkings offrent également des prix intéressants aux heures creuses (nuit, week-end et jours fériés). Pouvez-vous nous préciser de quoi il s’agit?

– En effet, durant ces moments, il est possible de stationner pour 1 franc par tranche de quatre heures, par exemple à Saint-Antoine ou à Uni-Dufour. Les motos y trouveront aussi leur compte, car elles seront protégées des intempéries pendant 6 heures au prix de 1 franc.

– Qu’envisagez-vous de plus en faveur des habitants?

– Les habitants à la recherche d’une place de stationnement en zone bleue occasionnent très souvent du trafic, sans parler de la perte de temps. Un tarif particulièrement avantageux sera proposé aux détenteurs de macarons qui stationnent occasionnellement dans un parking de leur secteur, notamment durant les heures creuses. Cette tarification différenciée sera mise en place entre 2021 et 2022.

– Dans tout cela, les vélos ne sont-ils pas laissés pour compte?

– Au contraire, puisque nous faisons de gros efforts sur nos tarifs – en particulier dans les gares du Léman Express – afin de favoriser ce mode de mobilité. Les cyclistes peuvent avoir leurs vélos protégés et sécurisés pendant toute l’année dans l’une des vélostations du Léman Express pour CHF 75.- seulement. Les 1900 places à disposition devraient combler les amateurs de la petite reine.

Propos recueillis par Véronique Stein



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