Voitures électriques : l’importance de la recharge

La voiture électrique représente désormais près d’une immatriculation sur dix. Les bornes de recharge restent toutefois une question cruciale pour les nouveaux propriétaires. Conseils d’experts.

Avec une hausse de 116% des ventes depuis le début de l’année, la voiture électrique séduit toujours plus d’automobilistes en Suisse. Elle représente désormais 9,9% des immatriculations totales. Cette hausse nécessite de nouvelles stations de recharge, que ce soit dans des garages individuels ou des parkings communs à plusieurs appartements. De nombreux conducteurs se demandent alors comment s’y prendre pour faire installer une telle infrastructure, à qui s’adresser ou encore quels types de bornes choisir. Pour faire installer une borne de recharge, le plus simple est de faire appel à un électricien local, selon le Touring Club Suisse (TCS). « En plus de l’installation, l’électricien saura également quels sont les permis nécessaires, et pourra se charger de les obtenir pour le client final, qu’il s’agisse d’un particulier, d’une PPE ou d’une commune », explique le porte-parole Laurent Pignot. Il est également possible de faire appel à des entreprises spécialisées dans les solutions énergétiques globales durables, comme Green Motion, Energie 360°, les Services industriels de Genève, ou Romande Energie, qui offrent toutes des solutions clés en main. Pour le choix de la puissance de charge, à savoir 3, 7, 11 ou 22 kilowatts (kW), le TCS préfère une puissance intermédiaire, soit 11 kW. « A la maison et au travail, il est recommandé que le véhicule soit normalement chargé avec des courants faibles, et ce afin de préserver la batterie. »

Eviter les pics de charge

Avec une telle puissance, il faudra six heures pour recharger complètement un véhicule avec une batterie de 60 kWh. « Cela signifie que la voiture électrique sera toujours rechargée le matin, si on la branche pendant la nuit par exemple. Et, même s’il ne conduit aujourd’hui qu’un véhicule hybride, qui ne nécessite pas forcément une borne, l’utilisateur sera déjà équipé pour les besoins futurs », complète le porte-parole. Le TCS rappelle également qu’en fonction des règlements suisses, les bornes de recharge doivent être signalées au gestionnaire du réseau de distribution. Il faudra le cas échéant lui adresser une demande de connexion technique et un certificat de sécurité. Selon la réglementation locale, la gestion de la répartition de la charge entre les utilisateurs est nécessaire à partir de deux bornes de recharge. « Cela garantit que la puissance disponible soit distribuée aux véhicules en charge sans, par exemple, produire des pics de charge », poursuit Laurent Pignot.

Une recharge mutualisée

« A l’avenir, l’équipement de zones PPE ou locatives sera un défi pour les propriétaires immobiliers », dit Claude Thürler, directeur général de Gruyère Energie. « La question réside dans qui paie l’équipement de base et la puissance sur le réseau. Nous pensons qu’il y aura de plus en plus de solutions en contracting. » Exemple : Charg’immo, d’Inera, dont Gruyère Energie est l’une des partenaires, est une solution de recharge clés en main pour les parkings d’immeubles. Cette offre s’adresse aux propriétaires de PPE ou d’immeubles locatifs qui se voient financer jusqu’à la totalité des travaux nécessaires à la mise en place des bornes. Ils épargnent ainsi l’investissement de départ, en échange d’un abonnement flexible. Au Quartier de l’Etang, plus grand projet immobilier privé de Suisse, situé près de l’aéroport de Genève, le thème de la voiture électrique a logiquement été abordé. En charge du projet pour l’entreprise générale Urban Project, Constant Baguidi revient sur la réflexion partagée avec son équipe. « Le cahier technique SIA 2060 recommandait un quota de 20% de places dédiées à l’électromobilité. Cela nous semblait peu réaliste, au moins à court terme. Nous avons donc opté pour une approche plus pragmatique dans la mise en œuvre de ce cahier. »

En tenant compte des habitudes de recharge des usagers, typiquement « une à deux recharges par semaine », il a été décidé d’un nombre de places limité à un tiers des propriétaires de véhicules électriques. Celles-ci sont mutualisées, et un monitoring permet de déterminer à quel moment il devient nécessaire d’ajouter de nouvelles bornes. « Nous avons une répartition dynamique de la puissance disponible sur toutes les bornes actives, précise le responsable du développement stratégique et commercial. Ce système permet de recharger au moins un peu toutes les voitures connectées, plutôt que d’avoir un véhicule monopolisant toute la puissance disponible. »

Laurent Perrin

 



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