Densification : reconstruire la Ville en ville

En plein cœur du quartier dense de la gare des Eaux-Vives, s’érige peu à peu L’Atria, un nouvel immeuble caractéristique de la Genève de demain.

A l’occasion de la pose de la première pierre d’un immeuble des Eaux-Vives, l’un des quartiers les plus denses de Genève, le conseiller d’Etat Antonio Hodgers a rappelé la nécessité de bâtir à nouveau en ville. «Depuis vingt ans, Genève fait tout l’inverse. Elle construit des logements et des routes pour nos travailleurs en dehors des centres-villes, toujours de plus en plus loin. Triplant ainsi le nombre de pendulaires, avec 650’000 passages journaliers aux frontières cantonales, et provoquant un mitage du territoire néfaste pour l’environnement», déplore le responsable du Département du territoire.

La solution pour le politicien genevois serait alors de créer ce qu’on appelle une «ville courtes distances» ou «ville du quart d’heure», ceci afin que la population puisse se loger, travailler, se former, faire ses courses, profiter des loisirs et de la culture mais également avoir accès aux offres de santé, le tout dans un rayon d’un quart d’heure.

Un projet représentatif

Une vision correspondant à L’Atria, projet célébré mercredi 17 novembre, dont l’immeuble se situera dans le centre urbain de 65’000 mètres carrés encore en construction autour de la deuxième gare du canton, celle des Eaux-Vives. Véritable lieu de vie plutôt que de simple habitation, L’Atria n’aura rien d’un bâtiment conventionnel. Au-delà des commerces de proximité, de la maison de santé, du café-théâtre, des deux restaurants et de l’hôtel de 55 chambres qu’abriteront le rez-de-chaussée et le premier étage, aux niveaux supérieurs, 155 logements d’utilité publique accueilleront une diversité de locataires. Chacun répartis entre les trois coopératives d’habitation, la coopérative Insula dédiée aux familles, celle de Génération logement pour les seniors et celle de l’Etrier consacrée aux étudiants, jeunes actifs et acteurs du monde culturel.

«Les coopérateurs-locataires pourront profiter au dernier étage des espaces communs, soit une cuisine communautaire, une salle polyvalente modulable, un espace d’accueil, un guichet médico-social, une ludothèque et une salle d’atelier qui feront vivre l’immeuble», rapporte Marilyne Perrier du bureau Brauen Wälchli Architectes. Avant d’ajouter: «Dans cet esprit de réunion, la toiture rendue accessible, sera aménagée en espace de rencontre et de jardinage avec un potager collectif.» L’idée étant d’avoir minimisé la surface des espaces privés afin d’offrir plus de 400 mètres carrés de superficies communes.

Une unité dans les contrastes

Côté conception du bâtiment, Brauen Wälchli Architectes n’a pas non plus opté pour la banalité et a joué sur les contrastes en travaillant trois types de matériaux: le béton, le bois et le végétal. «Le bâtiment est véritablement divisé en trois tranches pour les trois coopératives qui peuvent se réunir au dernier étage mais nous voulions malgré tout donner une unité au lieu», précise l’architecte. Ainsi, en se rapprochant de l’édifice au loin uniforme, certaines subtilités apparaissent. «En finalité, ce futur lieu incarne totalement la Genève de demain, une ville abordable, intergénérationnelle, avec une architecture de qualité et qui ménage l’environnement par sa conception et son implantation proche des espaces publics», conclut Antonio Hodgers.

Julie Müller



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